Des auteurs néerlandais ont croisé les données épidémiologiques
des infections saisonnières à virus respiratoire syncitial (VRS)
avec les données météorologiques des saisons hivernales 1998-2005.
La plupart des enfants sont infectés par le VRS avant 2 ans et les
réinfections surviennent toute la vie. Les symptômes varient de
formes très bénignes aux bronchiolites et pneumonies les plus
sévères, déterminant un taux d’hospitalisation de 3/1 000 enfants
et de 17 ‰ avant 6 mois. Le VRS est transmis par les plus grosses
particules des sécrétions respiratoires et par contact direct à
l’inverse du virus grippal transmis par les petites gouttelettes.
Sa prolifération dépend de la température, de l’humidité relative
et des radiations UV-B.
L’un des intérêts de prévoir le début de l’épidémie est
l’administration d’anticorps monoclonaux aux sujets à risque. Ce «
début » a été défini comme correspondant aux 2 semaines
consécutives pendant lesquelles au moins 10 échantillons ont été
testés avec 10 % de positifs dans 11 laboratoires de référence
répartis sur le territoire des Pays-Bas ; 10 672 examens ont été
pratiqués le plus souvent chez des nourrissons de moins de 6 mois.
La durée d’incubation de 2 à 7 jours a été prise en compte dans
l’étude des effets du climat.
Sur la période étudiée, l’épidémie débutait vers la 44ème
semaine de l’année (début novembre) et marquait un pic à la 52ème
semaine pour se terminer entre la 11ème et la 15ème semaine de
l’année suivante. Le début de l’épidémie et le nombre de cas
hebdomadaires étaient en corrélation avec l’humidité relative, la
température minimale et la couverture de nuages. Bien que ces 3
paramètres soient très variables, le pic correspondait aux
températures les plus basses, à l’humidité relative la plus élevée
et à la couverture nuageuse la plus importante. D’une année sur
l’autre, au moins l’un de ces facteurs a été associé au pic
d’infection et les facteurs météorologiques rendent compte
d’environ 21 % des variations hebdomadaires d’incidence du VRS.
L’association températures basses et humidité a un impact plus net
(p<0,06) que chacun des facteurs pris isolément dans un délai de
0 à 2 semaines. En revanche, la vitesse du vent et sa direction
n’ont pas paru avoir d’influence sur les pics hebdomadaires.
Alors, faut-il suivre les prévisions météorologiques pour
anticiper l’arrivée des bronchiolites ?
Pr Jean-Jacques Baudon
Meerhoff TJ. : Variation of respiratory syncitial virus and relation with meteorological factors in different winter seasons. J Pediatr Infect J 2009; 28: 860-66
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Une nouvelle façon de voir l'influence de la météo
Le 19 novembre 2009
Très intéressant !
Plutôt que l'affaiblissement que cause une mauvaise météo, serait-ce tout simplement que le haut taux d'humidité et l'absence de radiations UV-B favoriseraient la survie des "grosses particules des sécrétions respiratoires" ?
Matthieu Déborbe
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