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Des traitements à l’essai dans la maladie de Sandhoff

Publié le 19/11/2009 Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

La Maladie de Sandhoff appartient à la famille des gangliosidoses à GM2. C’est une affection autosomique récessive rare, dont la prévalence en Europe est de 1cas pour 130 000 naissances. Elle est causée par une mutation du gène, situé sur le chromosome 5 (5q13),  codant  pour les enzymes lysosomiales β-hexosaminidase A et B. Il en résulte une accumulation de gangliosides à GM2 dans les tissus et principalement dans le système nerveux. Cliniquement, elle se manifeste après un développement normal de l’enfant jusqu’à 3 à 6 mois. Puis apparaissent un sursaut inépuisable au bruit, un retard psychomoteur, une hypotonie, une cécité précoce avec nystagmus et troubles oculo-moteurs. S’y associent souvent une macrocéphalie, une hépatosplénomégalie et des infections respiratoires fréquentes. Le pronostic est très sombre, le décès survenant généralement avant l’âge de 4 ans.
Il existe des formes moins graves et d’autres d’apparition plus tardive, à l’âge adulte, avec ou sans atteinte intellectuelle.
En tout état de cause, il n’y a aujourd’hui aucun traitement curatif

Un essai de traitement par miglustat à propos d’un cas

Une équipe norvégienne a traité un patient avec le miglustat, inhibiteur de la glucosylcéramide synthase, enzyme essentielle de la synthèse de la plupart des glycosphingolipides. Ses propriétés pharmacocinétiques lui permettent de franchir la barrière méningée. Il est actuellement utilisé dans le traitement de la maladie de Gaucher chez les patients ne pouvant recevoir une thérapie de remplacement enzymatique.
Pour le patient qui a été traité dans cet essai, le diagnostic de maladie de Sandhoff n’a été posé qu’à l’âge de 16 ans. Il avait présenté vers l’âge de 2-3 ans, une ataxie et une dysarthrie, dont l’évolution a progressé lentement durant l’enfance. A 14 ans il est devenu apathique et dépressif, et s’est amaigri. Il a été traité pendant 2 ans et demi par miglustat. Son poids s’est stabilisé et l’évolution de la maladie semble s’être ralentie, probablement par un arrêt de la progression de l’atrophie cérébrale. Les symptômes dépressifs ont, quant à eux, été traités par électrochocs. Les auteurs concluent à des effets bénéfiques du miglustat.

Un protocole compassionnel pour adulte avec la pyriméthamine

Des études pré cliniques effectuées sur des cellules de patients atteints de gangliosidose à GM2 ont montré que la pyréthamine augmentait l’activité de l’hexosaminidase mutée (action de molécule chaperonne). La pyréthamine, est déjà commercialisée pour le traitement du paludisme et de la toxoplasmose.
Au vu de ces résultats, un protocole compassionnel a été mis en place à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière. Fin septembre 2009, 4 patients recevaient la pyréthamine. Au préalable, une biopsie pour mise en culture des fibroblastes avait été réalisée. L’adjonction de pyréthamine a révélé une augmentation de l’activité enzymatique (multipliée par 4) chez 3 patients.



Dr Reine Noël


Tallaksen CM et Berg JE : Miglustat therapy in juvenile Sandhoff disease. J Inherit Metab Dis 2009 ; Publication avancée en ligne le 4 novembre.
Genevaz D : Etude de l’efficacité thérapeutique de la pyriméthamine dans la gangliosidose à GM2 forme tardive. www.vml-asso.org



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