La Maladie de Sandhoff appartient à la famille des
gangliosidoses à GM2. C’est une affection autosomique récessive
rare, dont la prévalence en Europe est de 1cas pour 130 000
naissances. Elle est causée par une mutation du gène, situé sur le
chromosome 5 (5q13), codant pour les enzymes
lysosomiales β-hexosaminidase A et B. Il en résulte une
accumulation de gangliosides à GM2 dans les tissus et
principalement dans le système nerveux. Cliniquement, elle se
manifeste après un développement normal de l’enfant jusqu’à 3 à 6
mois. Puis apparaissent un sursaut inépuisable au bruit, un retard
psychomoteur, une hypotonie, une cécité précoce avec nystagmus et
troubles oculo-moteurs. S’y associent souvent une macrocéphalie,
une hépatosplénomégalie et des infections respiratoires fréquentes.
Le pronostic est très sombre, le décès survenant généralement avant
l’âge de 4 ans.
Il existe des formes moins graves et d’autres d’apparition plus
tardive, à l’âge adulte, avec ou sans atteinte
intellectuelle.
En tout état de cause, il n’y a aujourd’hui aucun traitement
curatif
Un essai de traitement par miglustat à propos d’un
cas
Une équipe norvégienne a traité un patient avec le miglustat,
inhibiteur de la glucosylcéramide synthase, enzyme essentielle de
la synthèse de la plupart des glycosphingolipides. Ses propriétés
pharmacocinétiques lui permettent de franchir la barrière méningée.
Il est actuellement utilisé dans le traitement de la maladie de
Gaucher chez les patients ne pouvant recevoir une thérapie de
remplacement enzymatique.
Pour le patient qui a été traité dans cet essai, le diagnostic de
maladie de Sandhoff n’a été posé qu’à l’âge de 16 ans. Il avait
présenté vers l’âge de 2-3 ans, une ataxie et une dysarthrie, dont
l’évolution a progressé lentement durant l’enfance. A 14 ans il est
devenu apathique et dépressif, et s’est amaigri. Il a été traité
pendant 2 ans et demi par miglustat. Son poids s’est stabilisé et
l’évolution de la maladie semble s’être ralentie, probablement par
un arrêt de la progression de l’atrophie cérébrale. Les symptômes
dépressifs ont, quant à eux, été traités par électrochocs. Les
auteurs concluent à des effets bénéfiques du miglustat.
Un protocole compassionnel pour adulte avec la
pyriméthamine
Des études pré cliniques effectuées sur des cellules de patients
atteints de gangliosidose à GM2 ont montré que la pyréthamine
augmentait l’activité de l’hexosaminidase mutée (action de molécule
chaperonne). La pyréthamine, est déjà commercialisée pour le
traitement du paludisme et de la toxoplasmose.
Au vu de ces résultats, un protocole compassionnel a été mis en
place à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière. Fin septembre 2009, 4
patients recevaient la pyréthamine. Au préalable, une biopsie pour
mise en culture des fibroblastes avait été réalisée. L’adjonction
de pyréthamine a révélé une augmentation de l’activité enzymatique
(multipliée par 4) chez 3 patients.
Dr Reine Noël
Tallaksen CM et Berg JE : Miglustat therapy in juvenile Sandhoff disease. J Inherit Metab Dis 2009 ; Publication avancée en ligne le 4 novembre.
Genevaz D : Etude de l’efficacité thérapeutique de la pyriméthamine dans la gangliosidose à GM2 forme tardive. www.vml-asso.org
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