> Accueil JIM > La corticothérapie inhalée augmente la glycémie…des diabétiques

Partenaires Partenaire





ACTUALITE MEDICALE

La corticothérapie inhalée augmente la glycémie…des diabétiques

Publié le 21/11/2009 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

La corticothérapie inhalée (CTI) est largement utilisée dans le traitement symptomatique de la bronchopneumopathie obstructive (BPCO) et de la maladie asthmatique. Le corticoïde passe cependant dans la circulation systémique au point qu’il pourrait augmenter la glycémie en cas d’administration prolongée. Une étude de cohorte multicentrique prospective a inclus 1 698 Vétérans de l’Armée américaine entre décembre 1996 et mai 2001. La mesure de la glycémie a été effectuée à plusieurs reprises, cependant que plus de 80 % des participants prenaient régulièrement des corticoïdes inhalés à des doses variables qui ont été exprimées en équivalents de la triamcinolone (EQTRI). La glycémie, pour sa part, a été prise en compte au travers d’équations générales permettant de contrôler les facteurs de confusion, y compris l’exposition à la CTI.

Au sein de la cohorte ainsi constituée, 19 % des participants ont rapporté l’existence d’un diabète. La dose moyenne quotidienne de corticoïdes a été respectivement estimée à 621 +/-555 µg en EQTRI chez les diabétiques et à 610+/-553 µg chez les non diabétiques.

Après la prise en compte de la CTI systémique et des autres facteurs de confusion potentiels, aucune association significative n’a été mise en évidence entre la corticothérapie et la glycémie chez les non diabétiques. En revanche, chez les diabétiques, une dose additionnelle de CTI de 100 µg a été associée à une augmentation significative de la glycémie de 18,2 mg/l (p=0,007). Chez les participants diabétiques qui recevaient en outre des médicaments antidiabétiques, chaque dose additionnelle de CTI a été associée à une augmentation de la glycémie de 26,5 mg/l (p=0,003).

Si l’on en croit les résultats de cette étude de cohorte de grande envergure, la CTI administrée pour améliorer les symptômes d’une BPCO ou d’un asthme ne modifie pas la glycémie des non diabétiques.  En revanche, en cas de diabète patent traité ou non, la CTI augmente la glycémie de manière dose-dépendante. Quelle doit être l’incidence de ces résultats ? Faut-il renoncer à la CTI chez les diabétiques ? Si ce traitement est nécessaire, cela paraît difficile. Il faut certainement évaluer son rapport bénéfice/risque et surveiller la glycémie, tout en sachant que le risque des faibles doses de corticoïdes semble tout de même être mineur, voire non significatif d’un point de vue clinique.



Dr Philippe Tellier


Slatore CG et coll. : The association of inhaled corticosteroid use with serum glucose concentration in a large cohort. Am J Med 2009 ; 122 : 472-478.




IMPRIMER ENVOYER A UN CONFRERE REAGIR ENREGISTRER DANS MA BIBLIOTHEQUE TAILLE DU TEXTE

Vos réactions