L’incontinence urinaire d’effort est définie par une perte
involontaire d’urine à l’occasion d’une activité augmentant la
pression abdominale. Chez la femme elle peut être due à une
hypermobilité cervico-urétrale ou à une insuffisance
sphinctérienne. La rééducation périnéo-sphinctérienne associée à
des mesures hygiéno-diététiques constitue le traitement de première
intention lorsqu’elle est modérée. En deuxième intention, ou
d’emblée dans les formes majeures, la pose de bandelettes
sous-urétrales est devenue le traitement de référence en cas
d’hypermobilité cervico-urétrale.
Les résultats de cette technique sont considérés comme bons et
durables. Il persiste néanmoins des fuites urinaires
post-opératoires dans 5 à 30 % des cas selon le type de bandelette
et l’existence d’une hypotonie sphinctérienne associée. Il peut
aussi se produire une récidive de l’incontinence à long terme, en
particulier après un nouvel accouchement. Se pose alors le problème
d’un nouveau traitement.
Une équipe strasbourgeoise a revu les données concernant 20
patientes en échec immédiat ou secondaire après pose d’une première
bandelette sous-urétrale. Elles présentaient dans leurs antécédents
une ou plusieurs grossesses (65 %), une colpo-suspension par voie
abdominale de Burch (20 %) ou une cure de prolapsus (20 %) et la
première bandelette avait été posée par voie trans-obturatrice
(n=16) ou rétropubienne (n=4).
L’incontinence persistante ou récidivante était légère à sévère
mais la manœuvre de soutènement de l’urètre était positive chez
toutes les participantes.
La pose de la deuxième bandelette sous-urétrale a eu lieu par voie
trans-obturatrice (n=8) ou rétropubienne (n=12) : 3 mois plus tard
les trois quarts des opérées étaient continentes et les autres
étaient améliorées. Les résultats se répartissaient en : 11 succès
et 3 améliorations dans les cas d’échec initial immédiat contre 4
succès et 2 améliorations dans les cas d’échec secondaire. Ils
étaient confirmés par la diminution de 83 à 90 % du nombre de
protections utilisées quotidiennement et par la baisse des moyennes
des scores aux différents questionnaires de symptômes et de qualité
de vie des troubles mictionnels: MHU (12 à 3), Ditrovie (3,7 à 1,8)
et IQOL (67 à 95). Les visites de contrôle à 1 an montraient un
résultat stable.
Au total, la mise en place d’une deuxième bandelette
sous-urétrale est envisageable en cas de persistance ou de récidive
d’une incontinence urinaire d’effort après un premier traitement
par bandelette, sous réserve d’une manœuvre de soutien de l’urètre
positive : le taux de patientes continentes à 3 mois est alors de
75 %. Dans le cas contraire, mieux vaut se tourner vers une autre
technique.
Dr Odile Biechler
Scohn T et coll. : Une 2ème bandelette sous-urétrale (BSU) est-elle envisageable après échec d’une 1ère BSU en cas d’incontinence urinaire féminine à l’effort ? 103e congrès français d’Urologie (Paris) : 18-21 novembre 2009.
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