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Les spermatozoïdes passent-ils à la casserole ?

Publié le 20/11/2009 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

Les composés perfluorés (PFC) sont largement utilisés en raison de leurs propriétés hydrophobes et lipophobes, comme agents de surface (pour protéger les tapis, les textiles, les emballages alimentaires, par exemple) ou comme anti-adhésifs (revêtements des ustensiles de cuisine, poêles et casseroles…), notamment le sulfonate de perfluorooctane (PFOS) et l’acide perfluoroctanoïque (PFOA). Or ces composés perfluoroalkyle (PFAA), ubiquitaires, et polluants persistants, sont suspectés d’être des perturbateurs endocriniens. C’est ce qui a conduit des auteurs danois à examiner les relations entre l’exposition à ces composés et la fonction testiculaire. Leur étude, menée en population générale, à consisté à doser chez 105 hommes, 10 PFAA et les hormones de la reproduction, et à analyser le spermogramme.

Chez tous les sujets de cette étude, dont la médiane d’âge était de 19 ans (18,2-25,2 ans), les résultats montrent des niveaux sériques de PFOS, de PFOA et de perfluorohexane sulfonate qualifiés de considérables, les médianes étant respectivement de 24,5, 4,9 et 6,6 ng/ml.

Chez les participants dont les niveaux combinés de PFOS et de PFOA étaient les plus élevés, le nombre médian de spermatozoïdes normaux dans l’éjaculat était de 6,2 millions, tandis que chez ceux dont les niveaux de PFOS-PFOA étaient bas, ce nombre médian était de 15,5 millions (p = 0,030).

Dans le groupe à taux élevés de PFOS-PFOA a été par ailleurs retrouvée, au spermogramme, une tendance non significative, à la réduction du volume de l’éjaculat ainsi que de la concentration, du nombre total et de la mobilité des spermatozoïdes.

Il n’a été mis en évidence ni association entre testostéronémie et niveaux de PFAA ni différence significative de niveaux de PFAA entre les groupes à testostéronémies basse et haute, cependant qu’une tendance non significative à la baisse du rapport inhibine B/FSH était notée chez les hommes à hauts niveaux de PFAA.

Les résultats de cette étude, la première selon les auteurs à rapporter une corrélation entre qualité du sperme et composés perfluroralkyles, suggèrent que des niveaux élevés de PFAA pourraient contribuer à la baisse, encore non expliquée de la qualité du sperme chez nombre d’hommes jeunes. La réduction significative du nombre de spermatozoïdes normaux observée ici doit néanmoins être confirmée par des études à plus grande échelle. Le mode d’action des PFAA sur le sperme reste à préciser, ainsi que les effets des expositions mixtes, à des mélanges de multiples polluants.



Dr Claudine Goldgewicht


Nordström-Joensen U et coll. : Do perfluoroalkyl compounds impair human sperm quality ? Environ Health Perspect 2009 ; 117 : 923-7.



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