Les composés perfluorés (PFC) sont largement utilisés en raison
de leurs propriétés hydrophobes et lipophobes, comme agents de
surface (pour protéger les tapis, les textiles, les emballages
alimentaires, par exemple) ou comme anti-adhésifs (revêtements des
ustensiles de cuisine, poêles et casseroles…), notamment le
sulfonate de perfluorooctane (PFOS) et l’acide perfluoroctanoïque
(PFOA). Or ces composés perfluoroalkyle (PFAA), ubiquitaires, et
polluants persistants, sont suspectés d’être des perturbateurs
endocriniens. C’est ce qui a conduit des auteurs danois à examiner
les relations entre l’exposition à ces composés et la fonction
testiculaire. Leur étude, menée en population générale, à consisté
à doser chez 105 hommes, 10 PFAA et les hormones de la
reproduction, et à analyser le spermogramme.
Chez tous les sujets de cette étude, dont la médiane d’âge était
de 19 ans (18,2-25,2 ans), les résultats montrent des niveaux
sériques de PFOS, de PFOA et de perfluorohexane sulfonate qualifiés
de considérables, les médianes étant respectivement de 24,5, 4,9 et
6,6 ng/ml.
Chez les participants dont les niveaux combinés de PFOS et de
PFOA étaient les plus élevés, le nombre médian de spermatozoïdes
normaux dans l’éjaculat était de 6,2 millions, tandis que chez ceux
dont les niveaux de PFOS-PFOA étaient bas, ce nombre médian était
de 15,5 millions (p = 0,030).
Dans le groupe à taux élevés de PFOS-PFOA a été par ailleurs
retrouvée, au spermogramme, une tendance non significative, à la
réduction du volume de l’éjaculat ainsi que de la concentration, du
nombre total et de la mobilité des spermatozoïdes.
Il n’a été mis en évidence ni association entre testostéronémie
et niveaux de PFAA ni différence significative de niveaux de PFAA
entre les groupes à testostéronémies basse et haute, cependant
qu’une tendance non significative à la baisse du rapport inhibine
B/FSH était notée chez les hommes à hauts niveaux de PFAA.
Les résultats de cette étude, la première selon les auteurs à
rapporter une corrélation entre qualité du sperme et composés
perfluroralkyles, suggèrent que des niveaux élevés de PFAA
pourraient contribuer à la baisse, encore non expliquée de la
qualité du sperme chez nombre d’hommes jeunes. La réduction
significative du nombre de spermatozoïdes normaux observée ici doit
néanmoins être confirmée par des études à plus grande échelle. Le
mode d’action des PFAA sur le sperme reste à préciser, ainsi que
les effets des expositions mixtes, à des mélanges de multiples
polluants.
Dr Claudine Goldgewicht
Nordström-Joensen U et coll. : Do perfluoroalkyl compounds impair human sperm quality ? Environ Health Perspect 2009 ; 117 : 923-7.
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