La principale approche thérapeutique dans la maladie d’Alzheimer
est de retarder la baisse de libération d’acétylcholine dans les
synapses en inhibant la cholinestérase. La rivastigmine est l’un
des inhibiteurs de la cholinestérase actuellement utilisés dans
cette indication, dans quelque 60 pays dans le monde.
Afin de faire le point sur l’intérêt de cette molécule, J Birks
et coll. d’Oxford ont recherché à travers divers grandes bases de
données (Cochrane library, MEDLINE,
EMBASE, PsycINFO, CINAHL,
LILACS) toutes les publications, enregistrées jusqu’au 27
mars 2008, concernant des essais randomisés dans lesquels la
rivastigmine avait été administrée plus de deux semaines à des
patients souffrant de démences de type Alzheimer légère à modérée
et ses effets comparés avec ceux d’un placebo.
Au total neuf essais incluant 4 775 participants ont été
identifiés. A l’examen de l’ensemble de leurs résultats, il
apparaît que l’administration de doses quotidiennes de 6 à 12 mg de
rivastigmine est associée avec une amélioration (par rapport au
placebo) de deux points du score ADAS-Cog, mesurant les fonctions
cognitives (différence moyenne pondérée : -1,99, intervalle de
confiance à 95 % IC95 : -2,49 à -1,50, en intention de traiter) et
une amélioration de 2,2 points sur l’échelle Progressive
Deterioration Scale, évaluant les activités de la vie
quotidienne (différence moyenne pondérée -2,15, IC95 : -3,16 à
-1,13), ceci à 26 semaines. Des doses plus faibles (4 mg par jour)
ont également des effets favorables mais qui ne sont
statistiquement significatifs que sur les fonctions cognitives.
Cependant ces résultats vont de pair avec un taux plus élevé
d’effets indésirables (nausées, vomissements, diarrhée, anorexie,
vertiges, syncopes, douleurs abdominales, maux de tête) dans le
groupe traité par de hautes doses de rivastigmine par rapport
au groupe placebo. Ces effets secondaires semblent moins souvent
observés avec de petites doses de rivastigmine à un rythme plus
rapproché.
Par ailleurs une étude de 2008 a évalué deux patches
trandermiques l’un délivrant 17,4 mg par jour et l’autre 9,6 mg par
jour. L’efficacité du plus petit pach n’est pas apparue
significativement différente de celle du plus grand patch ni d’une
posologie orale similaire mais elle était associée à
significativement moins d’effets secondaires du type nausées,
vomissements, vertiges, perte de poids.
Au total, l’ensemble de ces données confirme l’intérêt de la
rivastigmine dans les démences de type Alzheimer légères à modérées
par rapport au placebo. La nouvelle forme en patch semble conférer
l’avantage d’une efficacité comparable au traitement oral à 6 à 12
mg par jour avec moins d’effets secondaires.
Dr Marie-Line Barbet
Birks J et coll. Rivastigmine for Alzheimer’s disease. Cochrane Database Syst Rev. 2009 Apr 15;(2):CD001191
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