La surveillance des antibiotiques, ce sera bientôt automatique dans les hôpitaux

Paris, le lundi 23 novembre 2009 – A l’occasion de la journée européenne des antibiotiques, le mercredi 18 novembre, une conférence était organisée à Stockholm, capitale où la prévention du risque de résistance aux antibiotiques est exemplaire. Les experts européens réunis ne pouvaient guère en dire autant de l’ensemble de l’Union et notamment pas des pays méditerranéens, dont la France. Sans se pencher spécifiquement sur les mauvais élèves, les chiffres rendus publics se sont en tout état cause révélés inquiétants.

Une enquête réalisée à travers toute l’Europe par une équipe lyonnaise auprès d’une centaine de responsables de services de réanimation a en effet indiqué que 53 % d’entre eux avaient été confrontés au cours des six derniers mois à au moins un cas de résistance à tous les antibiotiques. Cette situation a incité Zsuzsanna Jakab, directrice du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (EDCD) à rappeler : « Les bébés prématurés, les services de réanimation ou ceux d’oncologie ont particulièrement besoin d’antibiotiques efficaces », tandis qu’Otto Cars, professeur à l’université d’Uppsala (Suède) a martelé : « Les piliers du temple de la santé se fissurent. Nous surconsommons une ressource mondiale que nous devons préserver pour les générations futures ».

ATB-Raisin

En France, qui compte parmi les plus gros consommateurs d’antibiotiques en Europe, après la Grèce, ce phénomène est largement pris en considération depuis quelques années. Ainsi, après les campagnes d’information auprès du grand public, la mise en place de différents outils de sensibilisation auprès des professionnels de santé, un dispositif de surveillance nationale ciblée de la consommation des antibiotiques à l’hôpital va être mis en place en 2010. Baptisé « ATB-Raisin », il a déjà fait l’objet d’une expérimentation en 2008-2009.

Dans quelques mois viendra le temps de sa généralisation, comme l’ont annoncé la semaine dernière l’Institut de veille sanitaire (InVS) et les cinq centres de coordination de la lutte contre les infections nosocomiales (CClin) à l’origine du développement de ce dispositif. Dans son communiqué de presse, l’InVS a insisté sur le fait que le pilotage de ce système de surveillance « associe des professionnels hospitaliers impliqués quotidiennement dans le bon usage des antibiotiques et son évaluation à l’hôpital (infectiologues, pharmaciens, microbiologistes, réanimateurs, praticiens en hygiène…) ». L’institution a également indiqué que l’objectif de cette surveillance est « d’offrir à chaque hôpital la possibilité d’analyser ses consommations et de les comparer à celles des autres, afin d’identifier des pistes de travail pour optimiser ses pratiques de prescription ».

25 000 morts et 1,5 milliards d’euros

Rappelons qu’outre un coût humain, (25 000 morts par an dans toute l’Union européenne), l’émergence de bactéries résistantes aux antibiotiques représente également un coût financier estimé à 1,5 milliards d’euros pour toute l’Europe, dont 930 millions pour les hôpitaux.

A.H.

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