Peu de calcifications coronaires, c’est déjà trop !

Il est bien admis aujourd’hui que la présence de calcifications au niveau des artères coronaires constitue un bon marqueur de risque d’événements coronariens. Par ailleurs, une récente méta-analyse a conclu que les patients n’ayant pas de calcifications coronaires avaient un risque très faible de faire un accident cardiovasculaire.

Une nouvelle étude a été réalisée sur ce thème. Les dossiers de quelque 4 000 participants de la cohorte MESA ont été revus (n : 3 923 ; âge moyen : 58 +/- 9 ans; 39 % d’hommes). Il s’agissait de sujets asymptomatiques sur le plan coronarien et ayant un score de calcifications coronaires situé entre 0 et 10 (score d’Agatston).

Ils ont été rassemblés en deux groupes distincts (absence de calcifications [n : 3 415] ; score d’Agatston de calcifications compris entre 1 et 10 [n : 508] et ont été suivis pendant environ 4 ans (médiane : 4,1 ans).

Après ajustement sur l’âge, le sexe, l’origine ethnique et les habituels facteurs de risque cardiovasculaire, il est apparu que, par rapport aux sujets n’ayant pas de calcifications coronaires (score d’Agatston : 0), les patients avec un score de calcifications compris entre 1 et 10 avaient 3 fois plus de risques d’être victimes d’un événement coronarien grave (infarctus du myocarde ou décès d’origine coronarienne) : hazard ratio (HR) : 3,23 ; intervalle de confiance (IC) : 1,17-8,95.

Cependant, il a été observé que le tabagisme, actif ou sevré, et le diabète restent des marqueurs de risque d’événements (HR : 4,93 [IC : 1,20-20,30] ; HR : 3,57 [IC : 1,08-11,77] ; HR : 3,09 [1,07-8,93], respectivement) même en l’absence de calcifications coronaires détectables (score : 0).

Les auteurs en concluent que des calcifications coronaires même peu marquées (score d’Agatston < ou = 10) constituent un bon marqueur de risque d’événements coronariens sévères, avec un risque plus que triplé par rapport aux sujets ayant un score nul.

Ces résultats mériteraient certainement d’être confirmés dans un étude avec un suivi plus long et surtout de plus larges effectifs car le nombre d’événements observés était trop faible pour pouvoir considérer ces conclusions comme définitives (seulement 16 infarctus du myocarde et [ou] décès).

Dr Olivier Meillard

Référence
Budoff MJ et coll. : Cardiovascular events with absent or minimal coronary calcification: the multi-ethnic study of atherosclerosis (MESA). Am Heart J., 2009; 158; 554-61

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