Le traitement des hémangiomes par le propranolol n’est pas sans risque

Sous l’influence de Christine Leaute-Labreze à Bordeaux, le traitement précoce des hémangiomes très évolutifs du nouveau-né par propranolol tend à se banaliser compte tenu de son efficacité incontestable. Cette publication américaine nous rappelle cependant que l’utilisation de ce médicament chez les nouveau-nés doit se faire avec prudence car il expose à des effets secondaires parfois sévères.

La 1ère observation est celle d’une petite fille de 8 semaines qui présente un volumineux hémangiome de la paupière supérieure droite. Elle reçoit un traitement par corticostéroïdes à la dose de 2,5 mg/kg/j mais qui n’est pas suffisamment efficace et un traitement par propranolol est débuté à la dose de 2 mg/kg/j. Elle présente alors des troubles du comportement avec un état léthargique et une hypotension artérielle qui va progressivement s’amender sous traitement symptomatique. La 2ème observation est celle d’une enfant de 9 semaines atteinte d’hémangiomes multiples et chez laquelle la mise sous propranolol s’est accompagnée assez rapidement de la survenue d’une hypoglycémie jugulée par l’administration de glucose.

Les pédiatres qui rapportent ces observations rappellent que le propranolol est un bétabloqueur non sélectif qui peut entre autres induire des anomalies de la régulation de la synthèse et de la dégradation du glycogène et bien entendu entraîner une hypotension artérielle.

Il convient donc d’être vigilant lors de la mise en place du traitement et d’éviter de toute façon de le prescrire avant plusieurs semaines de vie.

Dr Patrice Plantin

Référence
Lawley LP et coll. Propanolol treatment for hemangioma of infancy: risks and recommandations. Pediatr Dermatol., 2009; 26: 610-4

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