Tamiflu : des kits…oui, mais pas tout de suite !

Paris, le lundi 7 décembre 2009 – La France a choisi en matière de prescription de Tamiflu une logique contestable et de plus en plus contestée. Il est en effet aujourd’hui recommandé aux praticiens de réserver le Tamiflu aux patients présentant « des facteurs de risque particuliers ou une infection avec un début brutal ». Le bien fondé de ces recommandations a été remis en cause à plusieurs reprises ces dernières semaines. Ainsi, Catherine Weil-Olivier, professeur de pédiatrie à l’Université Paris 7 et membre du Comité de lutte contre la grippe avait jugé « très conservatrice » l’attitude française quant à l’utilisation des antiviraux. De son côté, le docteur Jean-Marie Cohen, coordinateur national du réseau des Grog (groupes régionaux d’observation de la grippe) avait souhaité attirer l’attention des décideurs politiques sur une étude comparative entre l’Argentine et le Chili. Alors que le premier pays a opté cet été pour une stratégie comparable à la France, consistant à réserver le Tamiflu aux cas « graves », la mortalité y a été bien plus forte qu’au Chili où une distribution « très large, pour tous les malades grippés » a été préférée. Il ne semble cependant pas trop tard pour choisir une autre approche : en Argentine, l’extension de l’utilisation des antiviraux aurait permis de diviser par trois « la mortalité des femmes enceintes ». Cité par le Figaro, le docteur Cohen concluait sa démonstration en soulignant : « Il serait peut-être urgent en France de songer à utiliser les stocks pas encore distribués ».

Pas avant mi décembre

Il semble que cette recommandation pressante ait été entendue par les pouvoirs publics. Ce vendredi 4 décembre a en effet été publié un arrêté au journal officiel indiquant qu’un « kit, comprenant un traitement antiviral et une boîte de masques anti-projections issus du stock national, est délivré gratuitement sur prescription médicale par les officines de pharmacie (…). Cette délivrance est limitée à un kit par personne et par ordonnance. Il peut être délivré, conformément à la prescription médicale établie, un seul des produits composant le kit. Cette délivrance est également gratuite ». Le texte précise que cette mise à disposition du stock national (qui comprend 24 millions de doses de Tamiflu) est rendue nécessaire par l’urgence de « prendre les mesures (…) adaptées à la protection de la population contre la menace sanitaire grave que constitue le virus ». On apprend par ailleurs, dans un communiqué du ministère de la Santé, évoquant la parution de cet arrêté que les professionnels de santé devraient dans les prochains jours être informés « de nouvelles modalités de prescriptions ». Le même communiqué indique cependant qu’il faudra attendre la mi-décembre pour que le kit soit bel et bien disponible dans les pharmacies. Ces dernières seront indemnisées à raison de un euro pour chaque délivrance.

2 millions de personnes vaccinées et 111 morts

Parallèlement à cette nouvelle action des pouvoirs publics, l’épidémie a également continué à s’intensifier ces derniers jours, avec un nouveau bilan du nombre de décès publié le 4 décembre faisant état de 111 morts en métropole. Par ailleurs, on compterait désormais deux millions de personnes vaccinées, selon le point presse du samedi 5 décembre de Roselyne Bachelot. Dans les centres, l’ouverture samedi et parfois dimanche semble avoir le plus souvent permis d’obtenir des flux plus rapides.

A.H.

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