Origine de la colique du nourrisson : une hypothèse en selle

Les coliques du nourrisson – ou du premier trimestre – sont définies par des cris inexpliqués survenant chez un enfant par ailleurs en bonne santé, âgé de moins de 3 mois, pleurant plus de 3 heures par jour, au moins 3 jours par semaine. Affectant 8 à 33 % des petits, elles peuvent aboutir à l’épuisement des parents et à la dépression post-partum. Leur résolution est complète entre 4 et 5 mois. Parmi d’autres, l’hypothèse de fermentations coliques est souvent envisagée.

Des chercheurs américains ont étudié 19 patients souffrant de coliques en comparaison de 17 contrôles. Les enfants âgés de 7 à 8 semaines, ont été séparés en ces 2 groupes par mesure quotidienne du nombre et du temps des épisodes de pleurs et d’agitation. L’étude a comporté la mesure de l’hydrogène, du méthane et du CO2 dans l’air expiré, le dosage de la calprotectine fécale, qui mesure l’inflammation intestinale, et l’identification de la flore fécale par groupes de germes grâce aux études génomiques après dénaturation en gel d’électrophorèse, clonage et séquençage.

 Les nourrissons souffrant de coliques pleuraient et s’agitaient en moyenne 314 minutes/24 h contre 103 pour les contrôles, sans grandes variations d’un jour à l’autre mais avec de grandes différences d’un enfant à l’autre pour les coliques. La calprotectine était en moyenne 2 fois plus élevée chez les patients en comparaison des contrôles : 413 ± 71 contre 197 ± 46 μg/g de selles. La moitié des patients avaient une augmentation de l’hydrogène dans l’air expiré avant les repas, indépendamment du régime, ce qui pourrait être le reflet d’une pullulation microbienne ou de fermentations coliques. Les selles des enfants souffrant de coliques contenaient moins de populations bactériennes que les contrôles. Les klebsielles ont été identifiées chez 8 patients et un seul contrôle. Le groupe enterobacter/pantoea qui peut inhiber le clostridium difficile n’a été détecté que chez les contrôles. Ces différences n’ont pu être attribuées aux régimes, lait de mère ou lait artificiel ou hydrolysat ni à des antibiotiques. Il est cependant impossible de préciser si l’inflammation résulte des perturbations microbiennes ou l’inverse par l’intermédiaire des médiateurs de l’inflammation.

En conclusion, les coliques du nourrisson pourraient résulter d’une inflammation intestinale et d’une flore fécale moins diversifiée.

Pr Jean-Jacques Baudon

Référence
Rhoads JM et coll. : Altered microflora and increased fecal calprotectin in infants with colic. J Pediatr., 2009; 155: 823-8

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Vos réactions (2)

  • Quels conseils ?

    Le 08 décembre 2009

    Alors quels conseils donner pour calmer les douleurs et éviter les longues crises de pleurs ?

    Marie Culubret

  • Méthodologie peu précise

    Le 15 décembre 2009

    Ces résultats de doivent conduire à aucune conclusion car la méthodologie est peu précise :
    - la taille de l'échantillon est insuffisante; il faudrait au moins 35 bébés par groupe ;
    - le mode d'alimentation devrait être bien précisé et être identique dans les deux groupes de bébés ;
    - la durée du suivi devrait être d'au moins trois mois ; en fait une étude longitudinale.
    Il est donc honnête de leur par de parler au conditionnel dans leurs résultats.

    Dr Augustin Ngaha

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