Plutôt le thé vert pour réduire le risque de cancer de l’endomètre

Les études épidémiologiques suggèrent que la consommation de thé, et plus particulièrement de thé vert, diminue le risque de certains types de cancers. Cette boisson, est en effet riche en polyphénols qui possèdent une action anti-inflammatoire et antiproliférative importante, et les résultats des études in vitro et sur des modèles animaux suggèrent que le thé, ou plus précisément les polyphénols du thé, pourraient réduire le risque de tumeur et de prolifération cellulaire.

Dans ce contexte, une méta-analyse récente évalue l’association entre la consommation de thé et le cancer de l’endomètre. Sept études ont été incluses dans cette méta-analyse, dont deux études de cohorte et cinq études cas-témoins. Ainsi, les données de 3 487 cas de cancer de l’endomètre et de 104 643 témoins ont été analysées.

Une réduction du risque du cancer de l’endomètre a été observée chez les femmes qui consomment du thé, par rapport aux femmes qui en boivent très peu ou pas du tout (RR 0,85 ; IC 95 % : 0,77-0,94). Une relation dose-effet a été mise en évidence : la réduction du risque du cancer de l’endomètre est d’autant plus importante que la consommation est élevée. Une consommation de thé de deux tasses par jour est associée à une diminution de 25 % du risque de cancer de l’endomètre (RR 0,75 ; IC 95 % : 0,63-0,87). De plus, c’est la consommation de thé vert qui est significativement associée à cette diminution (RR 0,79 ; IC 95 % : 0,69-0,90), alors que ce n’est pas le cas pour le thé noir (RR 0,75 ; IC 95 % : 0,45-1,27). Les diverses technologies de production du thé peuvent être à l’origine d’une différence de composition entre le thé vert et le thé noir, laquelle entraînerait cette différence au niveau des propriétés anti-cancérogènes. Cependant cette conclusion doit être considérée avec réserve compte tenu  du fait que seules deux études traitant ce sujet ont été incluses dans l’analyse.

Curieusement, l’effet significativement protecteur de la consommation de thé sur le cancer de l’endomètre observé en Asie (RR 0,81 ; IC 95 % : 0,71-0,93) n’a pas été constaté aux USA (RR 0,90 ; IC 95 % : 0,68-1,19). Mais ceci pourrait être expliqué par les différences d’habitudes alimentaires : plus de 90 % des femmes boivent du thé vert en Asie, alors qu’aux USA c’est le thé noir qui est le plus consommé. Cependant, d’autres différences telles que les facteurs ethniques, génétiques et environnementaux devraient être pris en compte.

Les résultats de cette méta-analyse suggèrent une association significative entre la consommation de thé et la réduction du risque du cancer de l’endomètre. Cependant le nombre limité d’études incluses dans cette analyse ne permet pas de conclure formellement. D’autres études prospectives de plus grande envergure et plus rigoureuses restent nécessaires pour mieux évaluer les effets protecteurs du thé précisément sur le cancer de l’endomètre. Et en attendant cette confirmation, on peut continuer de boire du thé par plaisir…

Dr Viola Polena

Référence
Tang NP et coll. Tea consumption and risk of endometrial cancer: a metaanalysis. Am J Obstet Gynecol. 2009 ; 201 : 605.e1-8.

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