Tout cas suspect de grippe A (H1N1) doit désormais avoir droit à son Tamiflu

Paris, le vendredi 11 décembre 2009 – L’annonce à la fin de la semaine dernière de la livraison en officine des stocks d’Etat d’antiviraux avait été l’occasion de préciser que les recommandations quant à l’utilisation de ces médicaments allaient prochainement évoluer. Ce jeudi 10 décembre en effet, la Direction générale de la Santé (DGS) et l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (AFSSAPS) ont révisé leurs indications des antiviraux en indiquant que désormais les antiviraux étaient devaient être prescrits chez tous les patients « présentant une grippe clinique » et non plus seulement chez ceux ayant un facteur de risque associé ou d’une forme grave. La DGS et l’AFSSAPS ont également donné de nouvelles précisions concernant la mise en place d’un traitement préventif : « Pour une personne non malade et présentant des facteurs de risque (dont les femmes enceintes et les enfants de moins de un an) qui a été en contact étroit avec une personne grippée, un traitement antiviral post exposition est recommandé. Le traitement est dit préemptif (à dose curative et pendant cinq jours) ». Ces stratégies thérapeutiques permettent à la France de s’aligner sur la position adoptée par plusieurs autres pays dont la Grande-Bretagne. Le professeur Didier Houssin, directeur général de la Santé a précisé : « Ces nouvelles recommandations, issues d'un avis du Comité de lutte contre la grippe (CLCG) du 13 novembre, viennent d'être approuvées par l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) et sont applicables dès ce jeudi ». Les nouvelles dispositions concernant l’utilisation de dose curative dans le cadre d’un traitement prophylactique ne figurent pas pour leur part dans les indications de l’AMM, mais l’AFSSAPS souligne qu’elle a rendu à leur égard « un avis positif en considérant que ce type de traitement (…) permet potentiellement de baisser le risque d’émergence de mutants résistants tout en améliorant la prise en charge des personnes susceptibles de développer des formes graves de grippe ».

Dédommagement d’un euro vingt par ordonnance

Des précisions ont également été données concernant la mise à disposition des stocks d’antiviraux de l’Etat dans les officines. Elle devrait être effective d’ici le 21 décembre. Le Moniteur des pharmacies en précise dans son édition de demain les modalités pour les pharmaciens. On retiendra notamment que le « stock d’amorce » comprendra « cinq flacons de Relenza, 10 boîtes de Tamiflu 75 mg (gélules) et de 15 boîtes d’oseltamivir PG 30 mg ». Ce dernier conditionnement fabriqué par la Pharmacie centrale des armées doit être réservé en priorité « à l’usage pédiatrique en raison du dosage » et de son caractère « sécable et facilement dispersible dans l’eau » précise l’AFSSAPS. Ces traitements seront délivrés sur ordonnance par les pharmaciens qui recevront un dédommagement de 1,20 euros TTC pour chaque prescription. Dès lors que ces traitements issus des stocks de l’Etat seront accessibles, les boîtes « traditionnelles » de Tamiflu et de Relenza ne devront plus être délivrées. « Les caisses vont être très vigilantes. Il ne peut y avoir de chevauchement entre les deux conditions de remboursement » met en garde le président délégué de l’Union des syndicats de pharmaciens d’officine, Gilles Bonnefond, cité par le Moniteur. Le journal précise encore que le « réapprovisionnement se fera sur simple demande auprès de son grossiste répartiteur. L’AFSSAPS indique que ces derniers conservent un stock tampon de Tamiflu commercial en cas de rupture d’approvisionnement du stock d’Etat ». Concernant les masques, les pouvoirs publics n’ont pas encore donné de plus amples précisions.

Payer pour s’informer !

C’est nécessairement gratuitement que ces antiviraux seront délivrés aux patients. Cette gratuité des services de l’Etat, face à l’épidémie de grippe A (H1N1) fait cependant débat ces derniers jours. La newsletter de l’organisation de défense des consommateurs l’UFC Que Choisir vient en effet de révéler que le numéro mis en place par le gouvernement pour informer nos concitoyens sur la grippe est surtaxé !

A.H.

Copyright © http://www.jim.fr

Réagir

Vos réactions (9)

  • Tout le monde a droit à son Tamiflu

    Le 12 décembre 2009

    Décision tout à fait stupide, mais très efficace pour faire apparître les résistances, comme au japon où on le suçait comme un bonbon. Le Tamiflu, nonobstant le risque de décès, d'ailleurs beaucoup plus faible que celui de la grippe saisonnière, doit être réservé aux personnes dites à risque. La France aime bien les antibiotiques, mais maintenant aussi les antiviraux. Ils n'ont rien appris (c'est le syndrome Astérix ?).

    Dr Virgile Woringer

  • Entraver la réaction immunitaire

    Le 12 décembre 2009

    Bonjour, je suis médecin généraliste exerçant depuis quinze ans. Je pense que cette conduite va entraver la réaction immunitaire envers le virus et qu'ainsi il n y aura pas d'anticorps protecteurs lors d'une nouvelle exposition au virus.
    Cette prophylaxie me parait non bénéfique.


    Dr Lazhar Ben Salem

  • Contradiction avec les recommandations de l'OMS

    Le 12 décembre 2009

    Est-ce que ces nouvelles recommandations d'utilisation du Tamiflu ne sont pas en contradiction avec celles de l'OMS ?
    Je pense, qu'au vu des récentes données (Cochrane), une administration prudente des inhibiteurs de la neuraminidase s'impose.

    Dr Elkhalil Ishagh

Voir toutes les réactions (9)

Réagir à cet article