Adiposité abdominale et calcifications coronaires : il y a un rapport

Il est aujourd’hui bien admis que l’obésité abdominale fait partie des principaux facteurs de risque cardiovasculaire. Une équipe américaine s’est intéressée aux relations pouvant exister spécifiquement entre l’accumulation de graisses périviscérales et (ou) sous-cutanées abdominales et les calcifications coronaires.

Quelque 1 000 patients ont fait l’objet d’une étude prospective (n : 1 054) sur le sujet. Il s’agissait uniquement d’hommes sans cardiopathie ischémie connue. Ils ont tous bénéficié d’un examen tomodensitométrique avec, d’une part étude quantitative de la graisse abdominale à l’aide d’une coupe scannographique réalisée à hauteur de l’ombilic (avec mesure [en cm2] de la surface des zones graisseuses sous cutanées et [ou] périviscérales), et d’autre part quantification des calcifications coronaires avec calcul du score d’Agatston (scanner 64 barrettes).

Il est apparu que, par rapport aux sujets n’ayant que peu ou pas de calcifications coronaires (score d’Agatston ≤ 10), les sujets ayant un score de calcifications > 10 avaient un tour de taille supérieur (97 +/- 12 cm versus 95 +/- 12 cm ; p < 0,001), davantage de graisses abdominales (surface totale sur coupe scannographique : 434 cm2 versus 415 cm2 ; p : 0,005), davantage de graisses périviscérales (surface : 200 cm2 versus 175 cm2 ; p < 0,001) et un rapport taille/hanches plus élevé (0,93 +/- 0,07 versus 0,91 +/- 0,07 ; p < 0,001).

Chez ces patients, l’indice de masse corporelle (IMC) et la quantité de graisse abdominale sous cutanée tendaient également à être plus importants (non significatif).

En revanche, après ajustement sur les classiques facteurs de risque cardiovasculaire, seuls un tour de taille élevé (odds ratio [OR] : 1,5 ; intervalle de confiance [IC] 1,04-2,.0), une surface totale des zones graisseuses élevée (OR : 1,5 ; IC : 1,1-2.1) et un rapport taille/hanches élevé (OR : 1,6 ; IC : 1,2-2,3) se sont avérés être associés statistiquement à un score d’Agatston > 10.

Cette étude suggère donc que, davantage que la répartition des graisses abdominales entre les zones périviscérales et les zones sous cutanées, c’est la quantité totale des graisses abdominales qui semble être la mieux prédictive de l’atteinte athéroscléreuse coronarienne.

Dr Olivier Meillard

Référence
Ho JS et coll. : Comparative relation of general, central, and visceral adiposity measures for coronary artery calcium in subjects without previous coronary events. Am J Cardiol 2009; 104: 943-6

Copyright © http://www.jim.fr

Réagir

Vos réactions

Soyez le premier à réagir !

Les réactions aux articles sont réservées aux professionnels de santé inscrits
Elles ne seront publiées sur le site qu’après modération par la rédaction (avec un délai de quelques heures à 48 heures). Sauf exception, les réactions sont publiées avec la signature de leur auteur.

Réagir à cet article