Vaccination contre la grippe A (H1N1) : les réquisitions toujours contestées

Paris, le vendredi 18 décembre 2009 – Le ministre de la Santé, Roselyne Bachelot a indiqué ce 17 décembre que, dans le cadre de la campagne de vaccination contre la grippe A (H1N1), les réquisitions d’étudiants en médecine et en soins infirmiers pendant les vacances de Noël devraient être limitées. Cette annonce n’a cependant pas empêché un millier de futurs infirmiers de défiler hier dans le froid sous les fenêtres du ministère de la Santé. A l’appel de l’Association des étudiants en soins infirmiers (AESI) et de la Fédération nationale des étudiants en soins infirmiers (FNESI), les manifestants tenaient à dénoncer les dangers que feraient courir des réquisitions trop nombreuses sur la qualité de leur formation. « Etudiants infirmiers réquisitionnés ; notre formation sacrifiée ; votre santé en danger » pouvait-on ainsi entendre scander. Si les jeunes infirmiers se mobilisent de nouveau contre les conditions de réquisition, c’est qu’ils sont, rappellent-ils, en première ligne. « Les étudiants en soins infirmiers et leurs cadres formateurs représentent aujourd’hui plus de 70 % des personnes vaccinant en Ile-de-France », a ainsi indiqué le président de l’AESI en Ile-de-France, Grégoire Cristofini, tandis que Mathilde Rebuffic, membre de l’organisation renchérissait : « 20 000 étudiants infirmiers de troisième année ont été réquisitionnés pour la vaccination dans la région. Du coup, c’est l’ensemble de notre formation qui est chamboulée ». Les cris des jeunes manifestations auront été bientôt entendus.

Formateur ou déformateur ? 

Reçus au ministère les étudiants ont obtenu entre autres des suspensions de réquisition pour les élèves passant leur diplôme en février, un nombre moindre de formateurs mobilisés et la suppression des opérations de vaccination en cas de manquements majeurs aux règles élémentaires d’hygiène et de sécurité. En effet, au-delà de leurs protestations concernant l’impact des réquisitions sur leur formation, les étudiants en soins infirmiers ont été nombreux à pointer du doigt l’absence de gants, de point d’eau à proximité ou encore de contrôle d’identité. Une étudiante interrogée par l’AFP a ainsi lâché : « On vaccine d’une manière qui ne respecte pas les règles apprises : on n’utilise pas de gant, on a une seule seringue pour prélever le produit dans le flacon et piquer la personne. Comme à chaque fois on pique dans le bouchon de caoutchouc du flacon, des morceaux de caoutchouc vont dans la seringue ou l’aiguille se tord. La ministre dit que c’est très formateur, en fait c’est très déformateur ! ».

300 personnes sur 850 vaccinées à Ouessant !

Si les étudiants en soins infirmiers et en médecine sont dans les jours qui viennent moins sollicités qui pourra les remplacer alors que le coup d’envoi de l’élargissement de la campagne à toute la population a finalement été lancé le 16 décembre ? Se tourner vers les médecins généralistes apparaîtra difficile, le ministère de la Santé ayant donné des consignes pour que les omnipraticiens restent dans leur cabinet, afin notamment de pouvoir prendre en charge les cas de grippe. Ces recommandations ne seraient cependant pas partout respectées comme l’a dénoncé hier le syndicat national des jeunes médecins généralistes (SNJMG) qui note : « Ca et là des préfectures et/ou des DDASS continuent de réquisitionner des médecins généralistes en activité » déplore-t-il avant de « condamner ce double discours des pouvoirs publics ». Le porte-parole du ministère de l’Intérieur, Gérard Gachet a jugé anormale cette situation et a indiqué qu’il « peut y avoir une erreur ponctuelle ici ou là venant des Ddass qui font des listes de médecins réquisitionnés ». Certaines localités privilégiées sont cependant épargnées des remous que suscite la réquisition des personnes soignants pour la vaccination, telle la petite île d’Ouessant. Sur ces rivages, c’est une équipe du CHU de Brest qui a débarqué pour vacciner une population très attentive et qui détient probablement comme l’a remarqué le quotidien local le Télégramme le meilleur taux de vaccination de France avec 300 personnes vaccinées sur 850 habitants !

A.H.

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