Quatre millions et demi de personnes vaccinées contre la grippe A (H1N1)… dont Nicolas Sarkozy

Paris, le jeudi 24 décembre 2009 – Lors du lancement de la campagne de vaccination contre la grippe A (H1N1), à la mi novembre, la question semblait quelque peu embarrassante pour les membres du gouvernement. Si prompt habituellement à s’emparer de tous les sujets, le Président de la République, Nicolas Sarkozy se montrait étonnement distant face à l’épidémie de grippe A (H1N1) : il était notamment difficile de savoir quand (et si) le chef de l’Etat se ferait vacciner. Ce mardi 22 décembre, lors d’une visite au centre hospitalier de Créteil, Nicolas Sarkozy a rompu le secret. Indiquant qu’ « un peu plus de quatre millions et demi de personnes » avaient été vaccinées contre le virus grippal, il a assuré aux journalistes qui l’interrogeaient sur le point de savoir s’il avait lui-même été immunisé : « Mais bien sûr, je ne peux pas dire aux gens ‘vaccinez-vous’ et ne pas le faire moi-même ». Le chef de l’Etat a en outre profité de cette mise au point pour insister : « Il faut continuer, avec le froid qui revient, à faire cet effort de vaccination de masse face à cette grippe ».

Quels « scenarii » pour la suite ?

Le lendemain, ce mercredi 23 décembre, c’était la même incitation que l’on pouvait déceler dans le discours de la directrice générale de l’Institut national de veille sanitaire (InVS) qui indiquait qu’entre 8 et 15 millions de personnes auraient déjà été en contact avec le virus H1N1, à ce jour. Si sont ajoutées à ces patients les 4,5 millions de personnes vaccinées, cela signifie, selon Françoise Weber que « cinquante millions de personnes en gros ne sont pas protégées », un chiffre qu’elle juge préoccupant. « L'épidémie n'est pas éradiquée parce que nous sommes de l'autre côté du pic », a-t-elle encore martelé. Ces rappels à l’ordre seront peut-être difficiles à comprendre par la population à l’heure où le dernier bilan commenté par le ministre de la Santé, hier, faisait état d’un début de régression de l’épidémie. Roselyne Bachelot a cependant insisté : « La circulation du virus est toujours importante (…) et les épidémiologistes restent très prudents sur les scenarii pour la suite ».

Pétition


Sur le front des polémiques, l’activité reste également importante. Alors que la Direction générale de la Santé (DGS) a recommandé l’utilisation d’antiviraux face à tout cas suspect de grippe, cette nouvelle position des pouvoirs publics en la matière demeure très critiquée. Ainsi, 800 professionnels de santé ont déjà signé une pétition sur le site Formindep (pour une Formation et une Information médicale indépendante), qui exige du ministère la production des « éléments et niveaux de preuve sur lesquels [la nouvelle recommandation] se fonde ».

A.H.

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