Samu : la grève aussi invisible qu’un coup de fil

Paris, le mardi 29 décembre 2009 – Depuis plusieurs années, les permanenciers auxiliaires de régulation médicale (PARM), ces agents administratifs, ni infirmier, ni médecin, qui officient lorsque l’on contacte le 15 demandent une revalorisation de leur statut. Ils font notamment valoir que leur rôle, souvent capital pour l’orientation des appels, ne saurait être exactement comparé à celui des standardistes dans les hôpitaux dont ils partagent pourtant le statut (catégorie C administrative de la fonction publique hospitalière). Dès 2007, ces revendications ont été officiellement soutenues par la commission PARM du Samu de France. Après des négociations avortées à plusieurs reprises, les « PARMs » entrevirent une lueur d’espoir quand le ministre de la Santé demanda à la fédération du Samu de France d’entamer une réflexion sur l’évolution de leur métier. Un rapport a bien été remis à Roselyne Bachelot qui en le recevant avait promis « devant l’Assemblée nationale » des améliorations de leur situation dès le printemps 2009, comme s’en souvient, un peu amer, Richard Loze, porte-parole des PARM du SAMU 31, cité par la Dépêche du Midi aujourd’hui. Cependant, le 15 décembre et alors que de nouvelles discussions sont prévues au mois de janvier, le ministre a indiqué que le passage de la catégorie C à B n’interviendrait pas avant 2011 « et pas dans les termes prévus au départ », remarque encore Richard Loze, un « concours » pourrait en effet éventuellement être organisé. « Nous revendiquons le passage de notre profession en catégorie B, au même niveau que le secrétariat médical, car nous faisons plus que répondre au téléphone. Mais nous n'accepterons pas pour autant de passer un concours. Pas après des années de métier », dénonce-t-on également du côté des PARM de Mulhouse. Pour sa part, Marc Giroud, président du Samu de France remarque : « On n’est pas content du délai ; ça fait trente ans qu’on demande une amélioration du statut de ces 2 000 salariés », qui ne représenterait, rappelle-t-il que « quelques centaines d’euros par an » par salarié.

Grève du zèle et possible grève administrative

Aussi, le Samu de France, à l’instar de nombreux médecins à titre individuel et de l’Association des médecins urgentistes de France (AMUF) soutiennent la grève illimitée entamée hier par les PARM. Outre leur passage immédiat dans la catégorie B administrative de la fonction publique hospitalière « sans aucune condition préalable de concours », ils réclament la « création d’une formation certifiante », la possibilité d’un « reclassement sans perte de rémunération », « la mise en œuvre d’une politique de déroulement de carrière établissant des niveaux statutaires des fonctions et missions » et « le maintien du métier des permanenciers assistants de régulation médicale, soit dans son propre corps, soit dans celui des assistants médicaux administratifs ». Sur le terrain, cette grève, souvent très bien suivie, n’entraîne aucun trouble pour les usagers : les PARM continuent, fidèles au poste, à répondre aux appels du 15. Cependant, d’autres modes d’action pourraient être mis en place si leurs revendications n’étaient pas entendues. Les idées ne manquent pas, ainsi dans le Sud Ouest, Nathalie Petit, PARM du Samu gersois proposait : « Nous pourrions tout à fait bloquer la remontée des statistiques dont le ministère a besoin pour mesurer l’épidémie de grippe A ou entamer plus largement une grève administrative ».

A.H.

Copyright © http://www.jim.fr

Réagir

Vos réactions

Soyez le premier à réagir !

Les réactions aux articles sont réservées aux professionnels de santé inscrits
Elles ne seront publiées sur le site qu’après modération par la rédaction (avec un délai de quelques heures à 48 heures). Sauf exception, les réactions sont publiées avec la signature de leur auteur.

Réagir à cet article