La vitamine D, c’est bon aussi pour la mémoire

La vitamine D est une hormone pléïotrope dont les effets sont médiés par un récepteur nommé VDR. L’effet sur le métabolisme osseux est connu de longue date. Plus récemment, il a été démontré qu’une carence en vitamine D pouvait entraîner une diminution de la force musculaire chez le sujet âgé. Par contre son rôle dans le système nerveux central a été longtemps sous-estimé notamment dans des pathologies comme la sclérose en plaques. Pourtant, plusieurs travaux ont montré que le récepteur VDR est aussi présent sur de nombreux types cellulaires dont les neurones et les cellules gliales. La vitamine D pourrait ainsi intervenir dans la régulation de la neurotransmission, et avoir des capacités  neuroprotectrices et neuro-immunomodulatrices. Par exemple, il a été montré que l’expression de VDR était diminuée au niveau de l’hippocampe des patients Alzheimer. Mais quel est le rôle exact de la vitamine D dans la cognition ?

Certaines études ont rapporté des résultats contradictoires sur ce sujet. Ceci peut s’expliquer par la non prise en compte dans ces travaux du taux de calcium ou de parathormone et des difficultés à définir des valeurs normales.

Cependant, une équipe française vient de publier dans Neurology les résultats d’une analyse des données de l’étude EPIDOS qui sont  en faveur d’un rôle de la vitamine D  dans les fonctions cognitives. Ils ont en effet montré une relation entre une carence en vitamine D (<10ng/ml) et  un score cognitif faible (<8) au  Pfeiffer Short Portable Mental State Questionnaire [SPMSQ]. Au total 752 femmes (âge >75 ans) ont été incluses dans cette étude. Le score PMSQ était plus faible (p <0,001) chez les patientes avec une concentration de 25(OH)D < 10 ng/ml (n=129) par rapport à celles avec un taux normal (n=623). De  plus en cas de carence, le score SPMSQ était plus souvent < 8 (p <0,006). Il n’y avait pas de relation linéaire entre le taux de  25(OH)D et le score SPMSQ (=-0,003, intervalle de confiance 95 %  : 0,012 à 0,006, p =0,512). Dans la discussion, les auteurs sont bien conscients des limitations méthodologiques  de leur étude et des biais de recrutement . Cependant, au vu des travaux déjà publiés, il semble bien que la vitamine D joue un rôle mais celui-ci doit être confirmé par des études ciblées sur ce sujet.

Dr Christian Geny

Référence
Annweiler C et coll. : Association of vitamin D deficiency with cognitive impairment in older women Cross-sectional study. Neurology® 2009; 73: 1–1

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