Quel est l’effet du régime méditerranéen dans une population méditerranéenne ?

Les bienfaits du régime méditerranéen dans diverses populations ont été amplement démontrés notamment pour ce qui est de la prévention primaire ou secondaire de la maladie coronaire. L’adhésion au programme nutritionnel qui sous-tend l’efficacité de ce régime est, comme il se doit, primordiale. Paradoxalement, aucune étude de cohorte ne s’est penchée sur les effets du régime méditerranéen dans les populations… méditerranéennes. Qu’en est-il notamment pour ce qui de ses bénéfices potentiels ou éventuels dans la prévention de la maladie coronaire ? C’est à cette question que répond une étude de cohorte multicentrique réalisée en Espagne. Il s’agit en fait des retombées  d’EPIC (European Prospective Investigation into Cancer and Nutrition) dans laquelle ont été inclus 41 078 sujets des deux sexes, âgés de 29 à 69 ans. Le recrutement s’est fait entre 1992 et 1996 et le suivi a été assuré jusqu’en décembre 2004, soit un suivi d’une durée moyenne de 10,4 années.

Les évènements létaux ou non, mais confirmés et imputables dans tous les cas à une maladie coronaire, ont été analysés en fonction de l’adhésion au régime méditerranéen, mesurée au moyen d’un score dédié comptant 18 unités. Au total, 609 participants (dont 79 % d’hommes) ont été victimes au cours du suivi, soit d’un infarctus du myocarde (IDM) létal ou non mais confirmé (n=468), soit d’un angor instable qui a nécessité une revascularisation myocardique en urgence (n=141).

Après stratification en fonction de chaque centre impliqué dans l’étude (soit cinq), mais aussi après ajustement en fonction des facteurs de risque traditionnellement associés à la maladie coronaire, un score  d’observance  nutritionnel  élevé a été significativement associé à une  diminution du risque de cette maladie, le risque relatif (RR) étant estimé à 0,60 (versus les scores bas). Chaque  augmentation d’une unité du dit score a diminué le RR de 6 %, quel que soit le sexe.

Cette étude de cohorte prospective réalisée en Espagne démontre l’intérêt du régime méditerranéen dans la prévention primaire des complications de la maladie coronaire au sein d’une population méditerranéenne, pour peu que l’adhésion à ce programme nutritionnel soit optimale.

Dr Philippe Tellier

Référence
Buckland G et coll. : Adherence to the Mediterranean Diet and Risk of Coronary Heart Disease in the Spanish EPIC Cohort Study. Am J Epidemiol 2009. 170 : 1518-29.

Copyright © http://www.jim.fr

Réagir

Vos réactions

Soyez le premier à réagir !

Les réactions aux articles sont réservées aux professionnels de santé inscrits
Elles ne seront publiées sur le site qu’après modération par la rédaction (avec un délai de quelques heures à 48 heures). Sauf exception, les réactions sont publiées avec la signature de leur auteur.

Réagir à cet article