Vaccination contre la grippe A (H1N1) dans les cabinets : ça commence mardi… en théorie !

Paris, le vendredi 8 janvier 2010 – Les frères ennemis du syndicalisme médical que sont la Confédération des syndicats médicaux français (CSMF) et MG France avaient fait taire hier leurs différences pour faire front commun devant le ministre de la Santé Roselyne Bachelot. Alors que cette dernière réunissait hier l’ensemble des représentants des médecins libéraux afin d’évoquer les modalités de la vaccination contre la grippe A (H1N1) dans les cabinets, les deux syndicats lui ont présenté des arguments similaires.

Une « obole »

C’est tout d’abord la question de la rémunération qui a suscité chez les deux organisations des commentaires pareillement indignés. Deux options s’offrent aux omnipraticiens : soit la vaccination a lieu dans le cadre d’une consultation et le tarif habituel s’appliquera alors, soit elle est réalisée de façon isolée et les patients seront alors dispensés de toute avance de frais, tandis que les médecins recevront 6,60 euros par injection payés directement par l’Assurance maladie. Le président de la CSMF a eu tôt fait de dénoncer « une obole », qui selon lui représente « un mépris de plus envers les généralistes, lesquels vont mettre à disposition l’infrastructure de leur cabinet, leur secrétariat et leur compétence, et procéder, si nécessaire à un examen du patient, pour une rémunération aussi indigente ». Du côté de MG France, on prévient déjà que le forfait de 6,60 euros pourrait ne jamais être appliqué, étant donné que toute vaccination exige une consultation préalable.

Ce n’est pas tout bon

Les deux syndicats ont également contesté avec la même force l’idée d’aller chercher eux-mêmes les vaccins dans les centres de vaccination. Le ministre de la Santé a indiqué qu’il n’était pour l’heure pas encore possible de proposer une autre voie d’acheminement, les vaccins, même unidoses, étant présentés dans des boîtes de dix. Cependant, la CSMF a immédiatement déclaré que « les médecins n’ont pas le temps matériel d’aller les chercher dans les centres de vaccination ». C’est la même consigne qui prévaut chez MG France : « On refuse d’aller les chercher dans les centres » martèle François Wiltien, vice-président du syndicat, cité par les Echos. Aussi est-il fort probable que les praticiens qui peuvent en théorie commencer à vacciner dans leur cabinet ce mardi 12 janvier n’entreront dans la campagne que quelques jours plus tard. En effet, au cours de la deuxième quinzaine du mois de janvier est prévu l’approvisionnement de près de 1 500 officines en vaccins unidoses. Ce sera alors, comme c’est le cas pour la grippe saisonnière, aux patients d’aller retirer leur vaccin dans ces pharmacies. Ils devront alors être munis de leur bon, ce qui rend quelque peu caduque la nouvelle consigne donnée par le ministre de la Santé Roselyne Bachelot qui a assuré hier qu’il serait désormais parfaitement possible de recevoir la précieuse injection sans pourtant détenir le formulaire !

Pour les patients, ce ne sera pas forcément plus simple !

L’issue de la réunion d’hier semble une nouvelle fois confirmer qu’il parait vain d’espérer que la couverture vaccinale des Français contre la grippe A (H1N1) ne s’améliore considérablement. S’il faut en effet aux patients attendre de recevoir leur bon (vingt millions de Français n’en auraient encore reçu aucun), trouver la pharmacie de référence la plus proche de chez eux, prendre rendez vous avec son médecin, il n’est pas sûre que l’extension de la campagne dans les cabinets ne représente une simplification pour eux et permette de lui donner un nouvel élan !

A.H.

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Vos réactions (4)

  • Liquider les stocks !

    Le 08 janvier 2010

    Et alors, quel est le problème ? Le vrai sujet est que la majorité de la population n'a absolument pas besoin de se faire vacciner. Quel que soit son mode d'administration, en centre ou au cabinet, ce vaccin est inutile, qu'on arrête de tourner autour du pot et de vouloir liquider les stocks !

    Véronique Plane

  • Mise à disposition des vaccins en officine

    Le 08 janvier 2010

    Je me demande sur quels critères les 1500 officines qui délivreront les vaccins seront sélectionnées.
    La délivrance sera-t-elle rémunérée ou va-t-on faire l'aumône comme pour le Tamiflu?

    Benoit Romefort

  • Consternée par la réaction de certains généralistes

    Le 08 janvier 2010

    Médecin retraité, volontaire pour la campagne de vaccination, j'ai été surprise, pour ne pas dire consternée, par la réaction de certains généralistes et de certains de leurs représentants syndicaux qui sont venus s'exprimer à la télévision. J'ai trouvé ces réactions pusillanimes, souvent égocentriques, peu civiques et peu responsables. Je ne pense pas que ces attitudes soient de nature à rehausser le prestige de la médecine. Heureusement que bon nombre de nos confrères ne partagent ces opinions et sont plus réalistes.

    Dr Michelle Gassin

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