Stimulation électrique gastrique pour le traitement des vomissements réfractaires

La stimulation électrique gastrique, qui suppose des impulsions électriques de haute fréquence et de durée brève délivrées par 2 électrodes, stimule la motilité gastrique, diminue les nausées et vomissements, et améliore en conséquence la qualité de vie (qdv) et l’état nutritionnel.  Les auteurs ont pensé que ses indications pouvaient s’étendre aux malades sans troubles de la vidange gastrique, et cherché s’il y avait des facteurs prédictifs du succès de la méthode.

En 10 ans, ils ont recruté 33 patients (21 femmes) souffrant de nausées ou de vomissements sévères (quotidiens), anciens (plus d’un an), et réfractaires aux médications antiémétiques ou prokinétiques à l’exclusion des vomissements d’origine neurologique, infectieuse, toxique ou iatrogène (chimiothérapie). Avant l’implantation des électrodes, l’existence d’une pseudo-obstruction intestinale a été éliminée, et l’éventuelle présence d’Helicobacter Pylori a été traitée.

Les électrodes ont été implantées par cœlioscopie (22) ou laparotomie (11) dans la musculeuse de la grande courbure, puis reliées par une tunnellisation sous-cutanée à un stimulateur  placé dans la fosse iliaque gauche, dont on a réglé la fréquence, l’intensité et la durée des impulsions.

L’évaluation a été basée sur le score GIQLI (gastrointestinal quality of life), score mixte de symptômes (nausées, vomissements, douleurs) et de qdv, rempli par les malades eux-mêmes, et reposant sur 36 questions notées de 0 à 4 (score total de 0 à 144). On s’est aussi intéressé aux modifications de poids et à la prise de médicaments. Les malades dont le score GIQLI s’est amélioré de plus de 10 % en 6 mois ont été considérés comme répondeurs.

La vidange gastrique, mesurée par scintigraphie au Te99, n’était pas accélérée à 6 mois alors que nausées, vomissements, ballonnements avaient significativement décru, de même que le recours aux prokinétiques. Le poids a augmenté ainsi que score GIQLI en général, passant de 64 à 85. Au total, 24 patients se sont trouvés améliorés (et 9 inchangés).

L’amélioration a été d’autant plus significative que les vomissements étaient plus sévères, l’anorexie plus intense, et la vidange gastrique plus ralentie. Ceux qui avaient les moins bons résultats étaient ceux dont la parésie gastrique était secondaire à une vagotomie ou une gastrectomie partielle.

Ce sont donc la gravité des symptômes et l’altération de la qualité de vie qui prédisent le mieux les bienfaits de la stimulation. La méthode pourrait améliorer même des malades chez lesquels la vidange serait normale.

Dr Jean-Fred Warlin

Référence
Gourcerol G et coll. : Gastric electrical stimulation in intractable nausea and vomiting: assessment of predictive factors of favorable outcomes. J Am Coll Surg., 2009; 209: 215-221.

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