L’autre conséquence de la revalorisation du statut des infirmières

Paris, le mardi 12 janvier 2010 – Le dernier article consacré dans ces colonnes à la revalorisation du statut des infirmières a créé chez un de nos lecteurs une interrogation quant aux conséquences des hausses de rémunération, qui s’annoncent dans le secteur public, sur les conditions salariales qui prévalent dans le privé. Cette question n’a pas non plus échappé au président de la Fédération de l’hospitalisation privée (FHP). Ce secteur doit déjà faire face depuis de nombreuses années à une pénurie d’infirmières, de kinésithérapeutes et de paramédicaux, liée notamment aux rémunérations plus élevées du secteur public. En 2001, déjà, lors de l’application de la loi sur la réduction du temps de travail, les différences salariales entre les hôpitaux et les cliniques avaient été révélées au grand jour. Aujourd’hui, encore, on estime que les rémunérations des infirmières, des kinésithérapeutes ou encore des orthophonistes sont supérieures de 10 % dans le public par rapport au privé. Les revalorisations salariales aujourd’hui négociées ne feront qu’accroître cet écart. Aussi, la FHP est consciente qu’une hausse des émoluments dans les cliniques s’impose, face à « un marché de l’emploi (…) déjà hyperconcurrentiel pour les infirmières ». Cette opération pourrait représenter 300 millions d’euros par an et se faire par la voie d’un reclassement des soignants concernés dans la catégorie des cadres. Cet effort serait particulièrement important et inquiète déjà la FHP, dont le président Philippe Burnel, cité aujourd’hui par les Echos commente : « C’est l’équivalent de la totalité des bénéfices des cliniques ! Autant dire qu’un tel surcoût est insupportable, il entraînerait la faillite d’au moins un tiers des établissements ». Aussi comme le précise le quotidien économique, l’hospitalisation privée envisage de se retourner vers l’assurance maladie, afin d’obtenir des hausses de tarif.

A.H.

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Vos réactions (1)

  • Toujours le même leitmotiv

    Le 12 janvier 2010

    Il faut bien se rendre à l'évidence: la FHP a trop longtemps négligé les revalorisations du point, l'écart s'est creusé...Les personnels ont les mêmes diplômes, exercent le même métier, obtiennent DU et autres qualifications et toujours pas de reconnaissance...Toujours le même leitmotiv "tout notre bénéfice" "déficit" "les tarifs" etc...
    Je travaille dans le privé, je souhaite que des solutions soient trouvées dans le respect mutuel employeurs /salariés, la tâche risque d'être difficile mais il faut y croire.
    Pourquoi ne pas commencer par, mesdames et messieurs les directeurs, par nous soutenir dans notre combat contre l'ordre plutôt que de nous envoyer des courriers de relance !

    Nadine Sutto

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