Un nouveau marqueur radiologique de l’encéphalite liée au VIH

Au vu d’un possible risque d’atteinte cognitive à long terme chez les patients infectés par le VIH, il est devenu important de dépister des signes discrets d’atteinte encéphalique pour adapter éventuellement le traitement. Plusieurs études neuropsychologiques ont mis en évidence dans ce contexte des troubles cognitifs non spécifiques d’intensité et de fréquence variables. Il est cependant parfois difficile d’affirmer la réalité de ces troubles cognitifs en raison de nombreux facteurs confondants comme le niveau culturel, la coexistence d’une toxicomanie ou d’un état dépressif. L’IRM conventionnelle peut parfois retrouver une atteinte minime de la substance blanche même chez des patients sans aucune plainte.  Mais d’autres techniques prometteuses d’imagerie peuvent aussi détecter des anomalies précoces. Plusieurs études ont ainsi montré un hypométabolisme en PET scan et une réduction de certains faisceaux de fibres en imagerie par tenseur de diffusion.

Un autre travail publié dans Neurology par une équipe américaine rapporte l’intérêt d’une nouvelle séquence d’imagerie par résonance magnétique permettant la mesure du débit sanguin cérébral en IRM de perfusion avec marquage de protons sans nécessité d’injecter du gadolinium. Ils ont ainsi étudié le débit sanguin de repos (rCBF)  au niveau d’une structure sous corticale, le noyau lenticulaire (NL) et du cortex visuel (CV) chez 33 patients VIH+. Les résultats ont été comparés à ceux obtenus chez 26 sujets contrôles.

Le rCBF était statistiquement plus faible dans les 2 structures examinées chez les patients VIH+ y compris en l’absence de troubles neuropsychologiques. Fait intéressant, cette anomalie a aussi été détectée chez les sujets récemment infectés. Les auteurs émettent quelques hypothèses sur l’origine de cet hypodébit : effet de l’activation plaquettaire sur la libération de sérotonine responsable d’une vasoconstriction, action de cytokines inflammatoires sur l’endothélium... Mais cette anomalie précoce est pour le moment mal expliquée, ce qui ne permet pas de la considérer comme un biomarqueur utile pour suivre les effets de la présence du virus dans le système nerveux central.  Toutefois, ce travail apporte des arguments supplémentaires en faveur d’une atteinte précoce mais subtile du système nerveux central chez les patients infectés par le VIH.

Dr Christian Geny

Référence
Ances BM et coll. : Resting cerebral blood flow A potential biomarker of the effects of HIV in the brain. Neurology 2009; 73: 702–708

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