Transmission du virus West Nile par transfusion et don d'organes

La transmission du virus West Nile (WNV) par transfusion sanguine et transplantation d'organes a été documentée dès 2002 aux Etats-Unis. Un programme national de dépistage des dons de sang a donc été mis en place. Cependant, les stratégies diffèrent d'un centre de collecte à l'autre: le dépistage par amplification génique sur « minipool » de dons (MP-NAT) est la règle en temps habituel, les centres passant au dépistage individuel des dons (ID-NAT) à partir de leur seuil d'alerte propre (un seul don identifié positif pour les uns, deux dons positifs dans un intervalle de 7 jours  dans une même aire géographique pour d'autres). Les donneurs d’organes, eux, ne sont pas dépistés en routine. Les auteurs rapportent un double cas de transmission par transfusion à partir d'un donneur de sang commun, l'une via un donneur d'organe et donnant lieu à une infection neuro-invasive, l'autre directe  aboutissant à une infection asymptomatique.

En octobre 2008, les autorités de santé de l’Etat de Louisiane étaient informés d’une infection neuro-invasive à WNV chez un transplanté cardiaque. Le patient avait  déclenché des crises tonico-cloniques avec fièvre 8 jours après l'intervention. Des échantillons de sérum et de LCR, recueillis respectivement 22 et 31 jours post-transplantation, il a été mis en évidence des IgG anti-WNV. Un serum pré-transplantation s'est avéré négatif pour le WNV en RT-PCR et sérologie.

Le donneur d'organe avait lui même reçu 10 produits sanguins avant d'être déclaré en état de mort cérébrale. Tous ces produits avaient été testés négatifs en MP-NAT.  Les donneurs correspondants ont  été contactés et dépistés : l'un d'eux présentait des marqueurs sérologiques d' infection récente et rapportait une sensation de malaise avec fièvre 9 jours après le don.

Celui-ci avait permis de produire du plasma frais congelé qu'avait reçu le donneur d'organe, et des culots de globules rouges dont avait bénéficié une patiente de 76 ans, qui s'est avérée elle aussi infectée, bien que de manière asymptomatique.

Les auteurs rapportent qu'un  premier don avait été identifié en MP-NAT par le laboratoire du centre de collecte, et concluent que si des critères plus sévères avaient été appliqués (déclenchement immédiat du dépistage individuel systématique), les produits sanguins incriminés auraient pu être écartés. Ils préconisent donc que les seuils d’alerte pour appliquer le dépistage individuel soient harmonisés au niveau national, et la communication entre les centres améliorée pour ne pas méconnaître des dépistages positifs dans des centres voisins.

Dr Muriel Macé

Référence
CDC : West Nile Virus Transmission via organ transplantation and blood transfusion – Louisiana, 2008. MMWR Morb Mortal Wkly Rep. 2009 ;58 : 1263-66.

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