Evolution des besoins en ophtalmologie : une modélisation finlandaise

Une équipe finlandaise a réalisé une étude pour estimer (à l’aide d’une modélisation) les besoins et les coûts de la  prise en charge ophtalmologique de la population sur la période 2005-2040, tester différentes alternatives d’accès aux soins et évaluer les besoins en praticiens. Cette étude a été réalisée pour 4 pathologies ophtalmiques : la cataracte, le glaucome, la rétinopathie diabétique et la dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA).

Les lacunes du système de soins

De nombreux défauts ont été pointés du doigt, principalement un  accès inégal aux soins et une large variation dans la distribution des services de soins. En avril 2002, le gouvernement finlandais avait demandé que, dans les unités médicales spécialisées, le besoin de prise en charge soit estimé en moins de 3 semaines après la demande, et que les soins non urgents soient délivrés par le secteur public en moins de 3 mois ou au pire en moins de 6 mois, en laissant la charge aux chefs de service d’ophtalmologie de définir les critères d’accès aux soins. Cette nouvelle législation est devenue valide en mars 2005.
Avant 2005, les patients glaucomateux n’avaient pas accès au service public et le temps d’attente pour une chirurgie de la cataracte était de 7 mois en moyenne.

Le vieillissement de la population : un élément à prendre en compte

Les résultas de la modélisation prédisent que le vieillissement de la population à lui seul va augmenter le coût des soins en ophtalmologie pour les prochaines décennies d’environ 1 % par an. L’adoption de critères d’accès aux soins pour la chirurgie de la cataracte est capable de réduire de façon importante les listes d’attente. La charge de travail estimée des ophtalmologistes finlandais indique qu’une augmentation de 75 % du nombre des praticiens serait nécessaire mais qu’elle ne suffirait cependant pas à couvrir les besoins si tous les patients glaucomateux étaient suivis en secteur public. En ce qui concerne la rétinopathie diabétique, le dépistage du diabète devrait pouvoir être amélioré sans augmenter notablement les coûts. Quant à la DMLA, son traitement devrait avoir un impact sur les allocations de ressource.

Les initiatives gouvernementales comme la définition des critères d’accès aux soins sont donc susceptibles de porter leurs fruits. Il est essentiel que ces critères soient réévalués régulièrement. D’autres critères, comme un barème des prix des nouvelles technologies, des protocoles de traitement et de prise en charge, devraient également être contrôlés afin de réduire les coûts de santé. Nul doute qu’une analyse semblable serait opportune pour évaluer, dans d’autres pays et notamment en France, l’évolution de la demande en soins ophtalmologiques et les moyens d’y répondre.

Dr Reine Noël

Référence
Tuulonen A et coll. : The need and total cost of Finnish eyecare services : a simulation model for 2005-2040. Acta Ophtalmologica Scandinavia 2009 ; 87 (8) : 820-9.

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