Risque d’athérosclérose en cas de petit poids de naissance : la piste des protéines de l’inflammation

L’association entre une élévation modérée des protéines de l’inflammation (CRP, fibrinogène, facteurs du complément C3 et C4) et le risque cardiovasculaire est démontrée au cours de l’obésité. D’autre part, les sujets nés avec un petit poids de naissance (PN) ont un risque plus élevé de maladies cardiovasculaires à l’âge adulte. L’hypothèse d’une liaison entre ces deux facteurs a été avancée par des chercheurs suédois. Pour l’étayer, ceux-ci ont étudié les relations entre le poids de naissance et l’élévation modérée des protéines de l’inflammation dans deux groupes : 166 enfants âgés en moyenne de 9,5 ans et 126 adolescents de 15,5 ans. Ces 2 groupes étant comparables dans la répartition des PN selon le sexe et des taux de protéines, l’étude a porté sur l’ensemble des sujets. Les paramètres pris en compte ont été les PN exprimés en Z-scores (déviations par rapport à la moyenne) et les autres paramètres cliniques afin de tenir compte des facteurs de confusion : état pubertaire, paramètres corporels et niveaux d’éducation maternels, composition corporelle des enfants déterminée à partir des plis cutanés et des tours de taille et des hanches et adaptation cardiorespiratoire.

Ces paramètres cliniques ont été comparés statistiquement aux CRP (à l’exclusion des taux > 10 mg/l), aux taux de fibrinogène, de C3 et C4 à  l’aide d’analyses de régression multiples. En analyse univariée, aucune corrélation n’a été établie entre les protéines de l’inflammation et le poids de naissance. En revanche, après ajustements pour le sexe, l’état pubertaire, et les variables maternelles, l’association inverse entre le PN et les taux de C3 et C4 a été démontrée (p<0,05). Après corrections en fonction des paramètres corporels, cette corrélation a été renforcée et la même corrélation inverse a été montrée avec le fibrinogène (p<0,05) mais non avec les taux de CRP. Cette relation statistique était indépendante des paramètres anthropométriques mesurant l’adiposité tels les plis cutanés et le tour de taille. La limite de cette étude est l’absence de prise en compte de l’âge gestationnel et des pathologies gravidiques.

En conclusion, cette étude montre la relation entre le petit poids de naissance et l’existence d’un syndrome inflammatoire chronique de bas niveau qui pourrait contribuer à expliquer l’augmentation du risque cardiovasculaire en cas de petit poids de naissance.

Pr Jean-Jacques Baudon

Référence
Labayen I et coll. : Early life origins of low-grade inflammation and atherosclerosis risk in children and adolescents. J Pediatr 2009;155:673-7

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