Recommandé en cas de gros genou

Les étiologies les plus fréquentes de gros genou aigu sont : l’arthrose en poussée, les rhumatismes inflammatoires, les pathologies traumatiques (fractures  des extrémités tibiales et fémorales  et les lésions ligamentaires ), la pathologie tumorale, l’arthrite septique, les causes hématologiques ( hémarthrose des hémophiles ou sous anticoagulants).

Il existe de grandes variation de prise en charge des épanchements récents du genou.

Un groupe d’experts en rhumatologie (EULAR : european league against rheumatism) et en orthopédie (EFORT : European Federation of national association of orthopaedics and traumatology) ont émis des recommandations pour leur prise en charge diagnostique et thérapeutique.

1. Un examen clinique  relevant la chaleur cutanée locale, la mesure des amplitudes articulaires, la  trophicité musculaire, l’absence d’anomalie neurologique ou vasculaire est impératif devant tout « gros genou aigu ».
2. Une hospitalisation rapide dans les 12 H est indiquée en cas de suspicion d’arthrite septique.
3. Devant la suspicion de tumeur, une prise en charge orthopédique est nécessaire dans un délai d’une semaine et aucune ponction ne sera réalisée.
4. En cas de signes inflammatoires, le malade doit être vu par un rhumatologue dans les 6 semaines.
5. A l’interrogatoire, la notion de traumatisme doit être recherchée ainsi que le mode d’apparition de l’épanchement, le caractère mécanique ou inflammatoire, l’existence d’autres articulations douloureuses.
6. S’il existe un traumatisme déclenchant, aucun examen biologique n’est nécessaire. En l’absence de fracture cependant, une ponction pour analyse du liquide articulaire sera réalisée.
7. La vitesse de sédimentation, le taux de CRP et la numération formule sanguine seront mesurés sauf en cas de notion de traumatisme. De même, une ponction pour recherche d’une cause septique, micro cristalline ou inflammatoire est indispensable.
8. Des radiographies de face et de profil seront effectuées. En cas de doute clinique sur un épanchement, une IRM ou une échographie seront utiles.
9. Il n’y a pas d’indication à la réalisation d’une arthroscopie ou de biopsie synoviales en  première intention.
10. La mise en décharge du membre inférieur ainsi qu’un glaçage du genou, un traitement par anti inflammatoires non stéroïdiens et antalgiques  voire une infiltration de corticoïdes (en l’absence de contre indication et une fois une cause septique éliminée) sont nécessaires. Si la cause est infectieuse, l’antibiothérapie ne devra être débutée qu’après réalisation des prélèvements indispensables au diagnostic bactériologique.

Dr Juliette Lasoudris Laloux

Référence
Landewé RBM et coll. : EULAR/EFORT recommendations for the diagnostis and initial management of patients with acute or recent onset swelling of the knee. Ann Rheum Dis 2010;69:12-19

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