Hospitalisation après l’accouchement : des causes inattendues

La période du post-partum est associée à des changements physiologiques significatifs, y compris concernant le système immunitaire. Toutefois on peut supposer que les complications survenant au cours des 6 semaines suivant l’accouchement sont potentiellement liées à la grossesse ou aux procédures obstétricales. Mais il existe en fait peu de données sur la morbidité maternelle du post-partum.

Dans ce contexte, une étude très intéressante réalisée aux USA analyse les causes de la réhospitalisation maternelle en post-partum. Cent quatorze hôpitaux de l’Hospital Corporation of America dans 21 états des USA ont participé à ce travail mené sur une population considérée comme représentative de la population des USA.
Au total parmi les 222 751 femmes incluses, ayant accouché pendant l’année 2007, 2 655 (1,2 %) ont été réhospitalisées dans les six semaines suivant l’accouchement.

L’hypertension et les infections utérines ou de la plaie de césarienne ou d’épisiotomie représentaient les causes les plus fréquentes de réhospitalisation, quel que soit le type d’accouchement. Plus surprenants  étaient les taux beaucoup plus importants qu’attendu de pneumonies, d’appendicites et de cholécystites.

Le taux de réhospitalisations était plus élevé parmi les femmes ayant accouché par césarienne soit 1,8 % (2,1 % après une première césarienne et 1,4 % après une césarienne itérative) par rapport au taux de réhospitalisations après accouchement par voie vaginale (0,83 % ; p<0,001). Après césarienne, les taux d’endométrite, de septicémie, de pneumonie et de cholécystite étaient notamment plus importants. La fréquence significativement plus haute de pneumonies après césarienne pourrait s’expliquer par les techniques d’anesthésie mises en œuvre. Tous ces éléments devraient être pris en compte dans la décision de césarienne.

Par contre le taux d’appendicite était plus important après un accouchement par voie vaginale.

Pour les trois pathologies suivantes, pneumonie, appendicite et cholécystite, les taux d’hospitalisation en post-partum ont été comparés avec ceux de deux groupes témoins de femmes non enceintes. Chez les témoins, ces taux étaient stables pendant une période de suivi d’un an, et significativement plus bas que ceux observés dans les six semaines après l’accouchement.

Cette étude montre que la réhospitalisation pendant la période de post-partum reste un évènement rare, et qu’elle est environ deux fois plus fréquentes chez les femmes ayant accouché par césarienne. Les taux plus élevés de cholécystites, d’appendicites et de pneumonies dans les six semaines après l’accouchement, par rapport aux six premiers mois après l’accouchement, suggèrent la nécessité d’une vigilance plus importante concernant la symptomatologie liée à ces pathologies.

Enfin, une prise en charge adéquate de l’hypertension devrait réduire significativement le taux de réhospitalisation en post-partum.

En conclusion, les résultats de cette étude confirment l’intérêt d’inclure les taux de réhospitalisation pendant la période du post-partum et pour des raisons non-obstétricales, dans l’évaluation des bénéfices et des risques de l’accouchement par césarienne.

Dr Viola Polena

Référence
Belfort MA et coll. : Hospital readmission after delivery: evidence for an increased incidence of nonurogenital infection in the immediate postpartum period. Am J Obstet Gynecol. 2009 ; publication avancée en ligne le 2 Novembre.

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