Restructuration et suppression de postes : l’AP-HP dévoile son plan

Paris, le lundi 25 janvier 2010 – La restructuration de l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) est annoncée depuis 2008. Cependant, ce week-end, le directeur de cette importante institution, qui représente 10 % du budget national des hôpitaux publics, en a présenté les grandes lignes à travers une interview accordée au Parisien.

Transfert plutôt que rénovation

Il était déjà acté que les 37 établissements actuels de l’AP-HP doivent se refonder en douze grands « groupes de soins ». Des précisions ont été données en la matière. Ainsi, plusieurs services de chirurgie devraient être fusionnés : ce pourrait être le cas notamment de ceux de Cochin et de l’Hôtel Dieu, dont Benoît Leclercq rappelle qu’ils ne sont distants que (!) de 2,5 km. Cette réunion devrait prendre la forme d’un transfert de la chirurgie de l’Hôtel Dieu à Cochin. Face à ceux qui s’interrogent sur ce choix d’un regroupement préféré à une rénovation, le patron de l’AP-HP rétorque : « La seule mise aux normes de l’Hôtel Dieu coûterait 280 millions d’euros alors que la création de 450 nouveaux lits à Necker ne représente que 180 millions d’euros ». Les fusions chirurgicales concerneront également les services d’ORL de Saint Louis et de Lariboisière. Pour autant, Benoît Leclercq veut rassurer. Ces regroupements ne doivent pas être perçus comme une réduction de l’offre de soins. Il préfère au contraire considérer qu’ils contribueront à son optimisation et invoque les chiffres à l’appuie de son propos en soulignant que « le taux d’occupation moyen en chirurgie digestive varie de 59 % à 92 % selon les endroits. En cardiologie, il fluctue de façon similaire. Les marges de progrès sont donc réelles ».

Nouveautés du côté des maternités

Le sort de la chirurgie n’est pas seul à intéresser les franciliens et les professionnels de santé qui sont également très attentifs aux nouveautés en terme de maternité. Benoît Leclercq promet que « l’offre en périnatalité pourrait progresser de 5 à 10 % » d’ici 2012. Cette augmentation devrait être permise grâce à l’ouverture de « la nouvelle maternité de Cochin » fin 2010, fruit du rapprochement entre Port Royal et Saint Vincent de Paul, à la « montée en puissance » de la nouvelle unité de Trousseau et à l’activité de la toute nouvelle maternité du Kremlin-Bicêtre, qui « réalisera d’ici peu 2 500 accouchements par an ».

Le ministère de la santé cherche à gagner du temps

Ces différentes ouvertures et regroupements (on parle également de la réunion à Saint Louis des trois services des grands brûlés ou encore de la migration de la pédiatrie de Trousseau vers Robert Debré et Necker) doivent contribuer à un retour à l’équilibre budgétaire d’ici 2012. Un tel objectif ne se fera pas sans suppression de postes, comme l’a confirmé Benoît Leclercq qui a souligné : « Nous devons effectivement supprimer entre 3 000 et 4 000 postes sur un total de 92 000. La moitié environ concernera les soignants et les médecins, l’autre moitié le personnel administratif. Mais, je le répète, du fait des réorganisations prévues, les malades n’en pâtiront pas ». La position de Benoît Leclercq ne convainc cependant nullement les syndicats, qui se sont montrés très inquiets de cette perspective. Face à ce dossier brûlant, le ministère de la Santé a de son côté tenu à rappeler que le plan de restructuration de l’AP-HP ne serait adopté qu’en juin.

A.H.

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