P.HUMBERT,
CHU de Besancçon
Le red scrotum syndrome
Le syndrome du scrotum rouge est caractérisé par une rougeur
permanente de la moitié antérieure du scrotum qui peut impliquer la
base du pénis. Cette manifestation peut s’accompagner d’une
sensation de brûlures ou de démangeaisons persistantes avec
hyperalgies. Il n’est pas rare en effet de recevoir en consultation
des patients de plus de 50 ans présentant ces symptômes et
d’observer ainsi un érythème et des télangiectasies dans cette
partie du scrotum. L’érythème est le plus souvent bien délimité et
il n’y a ni suintement ni desquamation. Cette entité a été décrite
par Benjamin Fisher en 1997(1). Antérieurement, il avait été
rapporté dans un ouvrage de dermatologie génitale, en 1994(2) des
cas de douleurs péniennes et scrotales idiopathiques avec rougeurs,
que les auteurs avaient assimilé à la vulvodynie. Ils distinguaient
deux groupes d’âge, les hommes de 35 à 50 ans et les hommes de 60 à
70 ans. Un dysfonctionnement sexuel et une dépression étaient
présents chez la plupart de leurs patients. La cause de cette
affection n’est pas connue et l’analyse histologique est non
spécifique, montrant un épiderme normal et quelques capillaires
dilatées dans le derme avec de rares lymphocytes autour ou
disséminés dans le derme. Le diagnostic différentiel écarte
volontiers une dermatite de contact, une cellulite d’origine
infectieuse (streptococcique), ou encore une urticaire. Cette
affection doit être distinguée de l’érythème pigmenté fixe, ou
encore d’une maladie de Paget extramammaire. Les dermocorticoïdes,
les antifongiques, les antibactériens, topiques également, tout
comme les thérapeutiques systémiques, sont le plus souvent sans
effet.
Le red scalp syndrome
La rougeur chronique du cuir chevelu est une plainte fréquemment
observée en consultation dermatologique. Ce syndrome a été décrit
en 1987 par K. Thestrup-Pedersen et N. Hjorth(3). Il s’accompagne
de brûlures ou démangeaisons et ne répond pas aux dermocorticoïdes.
Le diagnostic différentiel écarte une dermatite de contact, une
dermite séborrhéique, le psoriasis, le lichen plan pilaire, le
lupus érythémateux et la dermatomyosite. Récemment, P.A. Oberholzer
et coll.(4) suggèrent que cette dermatose puisse s’apparenter à la
rosacée, compte tenu de l’inconfort cutané décrit, de l’existence
de télangiectasies au sein de l’érythème et parfois de papules ou
de pustules folliculaires. La biopsie montre des veinules dilatées
et un infiltrat rare périvasculaire avec parfois, formation d’un
granulome péri-folliculaire. Sur la base de cette explication, les
auteurs ont observé une réponse thérapeutique favorable sous prise
orale de tétracyclines permettant de rattacher ce syndrome à la
rosacée.
Le red ear syndrome
Il s’agit d’une entité rare, caractérisée par une douleur
accompagnée de phénomènes vasomoteurs évoluant par crises, que
d’aucuns intègrent dans le cadre des algies vasculaires de la face
(Chobaut, JFORL 2000) et proposent comme dénomination « l’algie
vasculaire du pavillon de l’oreille ». Chaque crise évolue de
façon similaire avec une douleur à type de brûlures, avec un début
et un arrêt brusque, pouvant durer de 15 minutes à 3 heures, avec
des signes de vasodilatation provoquant l’érythème et l’oedème
ainsi qu’une hyper-sudation. Dans ce cas, le syndrome est toujours
unilatéral avec de rares cas de bilatéralité. Parmi les facteurs
étiologiques, on relève : des troubles du rachis cervical au niveau
de C3 à type d’arthrose ou de séquelles traumatiques, une atteinte
de l’articulation temporomandibulaire ou encore certaines atteintes
du thalamus. Le traitement repose sur la prise de
d’hydro-ergotamine ou encore de bêtabloquants.
Références
1. Fisher BK. The red scrotum syndrome. Cutis 1997 ; 60 :
139-41.
2. Lynch PJ, Edwards L. Penile and scrotal pain. In: Genital
Dermatology, New York, Churchill Livingstone, 1994 : 247.
3. Thestrup-Pedersen K, Hjorth N. Red scalp. A previously
undescribed disease of the scalp? Ugeskr Laeger 1987 ; 149 : 2
141-2.
4. Oberhalzer PA et al. Red scalp disease: a rosacea-like
dermatosis of the scalp? Successful therapy with oral tetracycline.
Dermatology 2009 ; 219 : 179-81.
Copyright © Len medical, Dermatologie pratique, décembre 2009
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