Gonarthrose et cure en bons “thermes”

En Europe, les cures thermales sont fréquemment proposées dans la prise en charge de l’arthrose. Ainsi, parmi les 403 381 malades ayant suivi une cure thermale en France en 2007, près de la moitié souffrait d’une gonarthrose. Le traitement thermal est remboursé en France et dans plusieurs pays européens. Pourtant, il n’existe pas d’étude de bonne qualité démontrant son efficacité dans cette indication et du reste, le traitement thermal n’apparaît pas dans les recommandations récentes de prise en charge de la gonarthrose.

Une équipe française (Grenoble) a mené une étude prospective, randomisée, dans 3 centres de cure thermale (Aix-les-Bains, Balaruc-les-Bains et Dax). Le but de ce travail était de comparer les résultats d’un traitement classique de la gonarthrose à ceux d’une cure thermale sur 2 groupes de patients.

Le groupe « témoin » était traité par antalgiques, rééducation, anti-inflammatoires non stéroïdiens, anti-arthrosiques d’action lente, infiltrations et le groupe « cure thermale » participait en plus du traitement classique à une cure thermale durant 18 jours.

Les soins pendant la cure comportaient : massages, bains, douches, mobilisations en piscine, boues).

En intention de traiter, 195 malades ont été inclus dans le groupe « cure thermale » et 187 dans le groupe « contrôle » .

Les critères de jugement étaient l’échelle WOMAC (score de fonction). L’amélioration cliniquement pertinente correspondait à une amélioration de plus de 19,9/100 sur l’échelle de douleur et/ou de au moins 9,1 points sur le WOMAC, en dehors de toute chirurgie.

A 6 mois, 99/195 (50,8 %) des malades du groupe « cure thermale » avaient une amélioration significative de leur fonction et une baisse de la douleur contre 68/187 (36,4 %) des malades du groupe « contrôle » ( résultat statistiquement significatif , p=0,005). Il  n’y avait pas d’amélioration du score de qualité de vie (SF36).

Le traitement thermal était parfaitement bien toléré.

Les auteurs concluent que la cure thermale sur 3 semaines, associée à un traitement classique de la gonarthrose, fait mieux  à 6 mois que le traitement classique seul, en terme d’amélioration de la  fonction et des douleurs. Mais la question reste posée, quelle est la place de la cure thermale dans la stratégie de prise en charge de la gonarthrose ?

Dr Juliette Lasoudris-Laloux

Référence
Forestier R et coll. : SPA therapy in the treatment of knee ostheoarthritis in large randomised multicentre trial. Annals rheum Dis., 2009 ; publication avancée en ligne 3 septembre 2009.

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Vos réactions (1)

  • Une cure thermale en complément !

    Le 26 janvier 2010

    Au vu des résultats de cette étude, il paraît évident qu'une cure thermale en complément des traitements habituels fait mieux que les traitements médicamenteux tout court. Voilà la place de la cure, non ? .... mon chez Watson...

    Suzanne Kestenberg

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