Réforme des retraites : les exigences des praticiens hospitaliers

Paris, le lundi 1er février 2010 – Le Président de la République, Nicolas Sarkozy l’avait annoncé lors du Congrès de Versailles en juin 2009 : « 2010 sera un rendez-vous capital, il faudra que tout soit mis sur la table : l’âge de la retraite, la durée de cotisation et la pénibilité ». De fait, depuis le début de l’année, le débat autour de la réforme des retraites a été relancé, aiguisé par la récente remise de son rapport par le Comité d’orientation des retraites (COR) qui s’intéresse à une évolution de notre dispositif vers un système par points ou par comptes notionnels. Les praticiens hospitaliers, médecins et pharmaciens, n’entendent pas être exclus de ce grand débat. Déjà échaudés par la réforme du régime de retraites complémentaires des assurances sociales en faveur des agents non titulaires de l’Etat et des collectivités publiques (IRCANTEC) qui avait été actée en 2008, ils entendent aujourd’hui faire entendre leurs voix et souhaitent notamment que soit enfin reconnue leur situation particulière.

Pénibilité

Entrée en vigueur dès le 1er janvier 2009, la refonte de l’IRCANTEC, qui assure 60 % des pensions des médecins et pharmaciens hospitaliers, continue à susciter un net ressentiment chez certains syndicats et ce en dépit des mesures de compensations accordées par les pouvoirs publics lors des négociations houleuses de l’automne 2008. Ainsi, la Confédération des praticiens des hôpitaux (CPH) juge que « la réforme de l’IRCANTEC (…) se traduit par une diminution des droits acquis en 2009 de près de 8 % pour aboutir à une réduction de la retraite de 35 % au terme de la réforme en 2017 ». Aussi, l’organisation invite-t-elle depuis quelques semaines les praticiens hospitaliers à écrire en leur nom personnel à leur député ou sénateur afin de présenter leurs revendications tandis que se profile une profonde réflexion nationale sur l’avenir des retraites. Dans cette missive, la CPH insiste sur la nécessité d’obtenir enfin une véritable « reconnaissance des conditions et sujétions particulières d’exerce professionnel des praticiens hospitaliers ». Ces dernières sont liées, rappelle le syndicat, à « la permanence médicale des soins », qui « contraint les praticiens hospitaliers à des plages de travail de 24 heures consécutives dont 14 heures de nuit, une permanence médicale de nuit succédant alors une plage de travail de jour ». Ces conditions particulières, cette pénibilité devraient être « reconnues sous la forme d’une majoration de la durée d’assurance soit quatre trimestres supplémentaires pour dix années d’activité sur le modèle retenu pour les infirmiers hospitaliers » juge le syndicat. Ce dernier a déjà obtenu l’attention de certains députés, qui ont adressé au ministre de la Santé des questions écrites sur ce sujet.

Aurélie Haroche

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