Numerus clausus : où les étudiants risquent-ils le plus de se casser les dents ?

Paris, le mardi 2 février 2010 – Avant que n’entre en vigueur la réforme de la première année des études médicales en septembre prochain, les différents numerus clausus pour les quatre disciplines que sont la pharmacie, la médecine, la maïeutique et l’odontologie, pour l’année 2010 viennent d’être dévoilés et publiés au journal officiel. Cette période de transition semble marquer par un certain immobilisme, bien que quelques évolutions soient à noter en médecine et plus encore en odontologie.

Vers une augmentation brutale du numerus clausus pharmacie d’ici 2012 ?

En pharmacie, c’est la stagnation parfaite : le numerus clausus reste fixé à 3 090, bloqué à ce niveau depuis 2008, après avoir connu une soudaine augmentation de 100 places entre 2007 et 2008. La répartition entre les facultés est également parfaitement similaire à celle qui prévalait les années précédentes. On ne connaît pour l’heure les réactions de l’Ordre des pharmaciens face à ce choix du gouvernement de ne procéder à aucune variation, mais l’année dernière, Jean Parrot, alors encore président de l’instance ordinale n’avait pu que déplorer cette décision. Alors qu’une diminution du nombre de pharmaciens semble se profiler et tandis que l’on observe que de plus en plus de diplômés n’exercent pas la pharmacie, Jean Parrot s’était étonné d’une telle option. Elle paraissait d’autant plus surprenante que l’objectif de faire passer le numerus clausus des pharmaciens à 3 300 d’ici 2012 bénéficie déjà de financements. Il semble que pour atteindre ce but, le gouvernement ait fait le choix d’une augmentation brutale et non d’une évolution progressive, puisqu’elle devra accroître de 210 places en deux ans le numerus clausus pharmacie.

Lille qui rit, Paris qui pleure

Chez les carabins, c’est également la stagnation qui s’impose avec un numerus global toujours fixé à 7400, comme en 2009. Cependant, des variations s’observent lorsqu’on s’intéresse à la répartition faculté par faculté, avec la manifestation claire des pouvoirs publics de favoriser les zones déficitaires en offre de soins. C’est ainsi que toutes les universités parisiennes à l’exception de Paris XII voient leur nombre de place diminuer (avec notamment douze places de moins en PCEM2 pour Paris V et Paris VI), une situation qui prévaut également à Lyon et à Toulouse III où l’on comptera au printemps respectivement onze et dix candidats reçus de moins qu’en 2009. A contrario, à la Réunion, à Lille II et à Nancy, il pourrait s’agir d’une année relativement plus facile pour les étudiants qui bénéficieront de dix à quinze places de plus que leurs camarades de 2009.

Pas besoin de serrer les dents

En maïeutique, les changements ont été très rares depuis 2006, le numerus clausus passant de 1 000 à 1 016. Entre 2009 et 2010, une place supplémentaire a été accordée aux étudiants souhaitant embrasser la carrière de sage femme et c’est l’école de Paris Baudelocque qui en a été dotée. C’est enfin, en odontologie que la situation connaît le plus de bouleversement, avec un numerus clausus atteignant 1 154 et relevé de 57 places par rapport à l’année dernière. Si sur les îles françaises (qu’elles soient méditerranéennes ou plus éloignées), le nombre de places ne change pas, ainsi qu’à Bordeaux, toutes les autres universités voient leur numerus clausus augmenter. Cette progression est même très marquée à Lille (plus 12 places) et à Nancy (plus 10 places).

Aurélie Haroche

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