Les anti-TNF sont en général bien, voire très bien supportés par
les sujets jeunes. Toutefois, il convient d’être plus prudent chez
les sujets de plus de 70 ans : le taux d’effets indésirables
sérieux y passe en effet à 23 %, versus 11 % chez les moins de 70
ans. Des auteurs israéliens (1) ont comparé la fréquence des
hospitalisations après et avant mise en route d’un traitement par
anti-TNF chez 322 PR, ainsi que dans un groupe contrôle de 354 PR
non traitées par anti-TNF. La mise en route d’un traitement par
anti-TNF a multiplié par 4 la fréquence des hospitalisations pour
infections sérieuses (61/322 versus 16/354), et le nombre
d’hospitalisations chez les patients sous anti-TNF est resté
supérieur à celui des patients sous DMARD seul (265 séjours pour
322 patients, versus 142 séjours pour 354 patients). Toutefois, ces
deux groupes n’étaient pas comparables, et dans celui traité par
anti-TNF, le nombre de séjours dans l’année suivant l’introduction
de l’anti-TNF avait baissé d’un tiers (420 dans l’année précédant
la mise en route de l’anti-TNF versus 265 dans l’année suivante),
du fait de la réduction du nombre de séjours pour poussée de PR (5
fois moins qu’auparavant). Les auteurs ont dû interrompre
l’anti-TNF du fait de la survenue d’une pathologie démyélinisante
chez 3/322 patients (1 %). Les données de tolérance des registres
donnent des résultats très différents selon que l’on exclut ou non
les patients ayant switché pour une autre biothérapie et/ou stoppé
l’anti-TNF. Des auteurs allemands ont fait le point sur le registre
RABBIT dédié à la tolérance des anti-TNF chez 3 270 PR, lesquelles
ont été comparées à 1 774 PR sous DMARD seul (2). Le taux annuel
d’infections sérieuses variait beaucoup dans le groupe ayant pris
un anti-TNF selon que : – ces patients poursuivaient le traitement
anti-TNF (taux de 1,8 x 100 patients-années) ; – qu’ils avaient
stoppé l’anti-TNF pour ne garder qu’un DMARD (taux de 10,2 x 100
patientsannées) ; – qu’ils avaient switché pour une autre
biothérapie (taux de 16,8 x 100 patients-années). L’exclusion de
ces deux dernières catégories pourrait artificiellement minimiser
la toxicité des anti- TNF dans la « vraie-vie ». Il sera toutefois
difficile de départager, chez les patients prenant plusieurs
biothérapies consécutivement, la responsabilité de chacune, sans
oublier le « terrain », à savoir la survenue préférentielle de ces
infections chez des malades atteints de PR sévères et ayant une
réponse immune plus perturbée. Le risque d’arthrite septique est
apparu au moins doublé (entre 2 et 2,7 fois plus selon les
ajustements faits) chez 11 757 PR anglaises du registre de la BSR
traitées par anti-TNF (3) (5 pour 1 000 patients-années, versus 1,9
pour 1 000 patients-années chez les 3 515 PR contrôles sous DMARD
seul). Des taux similaires ont été constatés au Japon pour le
risque de survenue de sepsis ou de phlébites postopératoires (4) :
x 2,31 pour les sepsis, et x 2,83 pour les phlébites.
L’augmentation du taux de cancers cutanés paraît heureusement plus
faible : +50 %(5) à +70 % (6).
Dr Jean-Marie Berthelot
1. Zisman D et coll. : Causes of hgospitalization in patients treated with anti-tumor necrosis factor á agents
2. Listing J et coll. : Does the risk of infections in Anti-TNF treated patients decrease over time ?
3. Galloway JB et coll. : Risk of septic arthritis in patients with rheumatoid arthritis treated with anti-TNF therapy: results from the BSR Biologics Register (BSRBR)
4. Kawakami K et coll. : Perioperative complications in patients with RA receiving tumor necrosis factor inhibitor
5. Amari N et coll. : Non-melanoma and melanoma skin cancer risk in a national cohort of veterans with rheumatoid arthritis
6. Mercer LK et coll. : The influence of anti-TNF therapy upon incidence of non-melanoma skin cancer (NMSC) in patients with rheumatoid arthritis (RA): results from the BSR Biologics Register (BSRBR)
73rd annual meeting of the American College of Rheumatology/44th annual meeting of the Association of Rheumatology Health Professionals (Philadelphie): 17-21 Octobre 2009.
Copyright © Len medical, Rhumatologie pratique, décembre 2009
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