Prise en charge des effets secondaires du traitement du cancer de la prostate par anti-androgènes

Le cancer de la prostate est le plus fréquent des cancers de l’homme. Il affecte peu la survie et  10 % des malades porteurs de métastases survivent 10 ans. Mais, du fait même de cette faible altération du pronostic vital, se pose la question de la qualité de vie de ces patients.

Ceci est particulièrement vrai pour les malades chez lesquels un traitement anti-androgène (AA) a été institué, soit par castration, soit surtout par agonistes de la LH-RH. Ceux-ci, dont l’effet est réversible après arrêt du traitement, sont mieux acceptés que celle-là.

L’hypogonadisme qu’ils induisent, documenté par la baisse de la testostéronémie, se traduit par une baisse de la densité osseuse, avec augmentation du risque fracturaire, mais aussi une tendance accrue au diabète, à la fonte musculaire et aux maladies cardiovasculaires. Tous ces inconvénients sont majorés quand on soumet des malades asymptomatiques (dépistage) à un traitement agressif.

Ostéoporose et fractures

Les AA, diminuant la densité osseuse, augmentent le risque fracturaire, nettement majoré (19 %) par rapport à celui (12 %) des hommes de même âge non exposés au traitement. Outre le calcium et la vitamine D, les biphosphonates et certains anti-œstrogènes augmenteraient la densité osseuse et atténueraient le risque de fractures vertébrales chez les malades à risques (antécédents personnels ou familiaux de fractures du col, alcoolo-tabagisme, prise d’AA).

Obésité et fonte musculaire

Les AA augmentent la masse grasse, surtout sous-cutanée, d’environ 10 % /an, l’augmentation du tour de taille étant corrélée étroitement au risque de décès.

Troubles métaboliques

Les AA entraînent précocement une élévation du cholestérol total et HDL, qu’un régime approprié, associé à l’exercice physique, voire aux statines, peut combattre. Ils retentissent aussi sur le taux d’insuline à jeun, qu’ils augmentent alors qu’ils diminuent la sensibilité à cette hormone. Ils multiplient par 1,4 le risque de survenue d’un diabète.

Maladies cardiovasculaires

Tout ceci (obésité, diabète, troubles lipidiques) devrait accroître le risque d’accidents coronariens et de mort subite chez les sujets sous AA, mais les résultats à cet égard sont discordants. Des mesures hygiéno-diététiques (arrêt du tabac, exercice, perte de poids) s’imposent tout de même car l’éducation et la motivation sont les meilleures armes pour limiter les effets indésirables de ces traitements, par ailleurs fort efficaces sur la survie et les douleurs osseuses.

Dr Jean-Fred Warlin

Références
Saylor PJ, Keating NL, et Smith MR. : Prostate cancer survivorship: prevention and treatment of the adverse effects of androgen deprivation therapy
J Gen Intern Med., 2009; 24 (suppl. 2): 389-394.

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