Déconditionnement des médicaments dans les EHPAD : la pharmacie est incontournable

Paris, le mercredi 3 février 2010 – Les pharmaciens adoptèrent une position singulière lors de l’examen de la loi Hôpital patient santé territoire (HPST). Ils furent en effet les seuls, parmi l’ensemble des professionnels de santé, à défendre ce texte. Il est vrai qu’il offre aux pharmaciens une reconnaissance attendue depuis longtemps, en créant la notion de « pharmacien correspondant » et en se penchant sur le rôle des pharmaciens dans les établissements hospitaliers pour personnes âgées dépendantes (EHPAD). Ainsi, l’article 38 de la loi précise notamment que les pharmaciens « peuvent assurer la fonction de pharmacien référent » pour un EHPAD « qui ne dispose pas de pharmacie à usage intérieur ou qui n’est pas membres d’un groupement de coopération sanitaire gérant une pharmacie à usage intérieur (PUI) ». Une majorité d’établissements accueillant des personnes âgées ne disposent en effet pas d’une PUI. L’Académie nationale de pharmacie estime que seuls 15 à 20 % des EHPAD bénéficient d’un tel dispositif. Pour la plupart des établissements, la constitution d’une pharmacie intérieure représente un investissement que rien ne saurait compenser : « Si le forfait médicaments est adopté, les économies entraînées par des achats au tarif hôpital, très inférieur au tarif des pharmacies de détail ne compenserait cependant pas les dépenses liées au fonctionnement d’une PUI », note l’Académie dans un rapport récemment remis à Roselyne Bachelot concernant cette question précise du « rôle des pharmaciens dans les EHPAD ».

La sécurité du déconditionnement ce devrait être automatique

Dans ce document, les sages analysent les différents problèmes que soulève l’absence de PUI au sein des EHPAD. Ils s’attardent notamment sur la question de « la préparation des doses à administrer » (PDA) considérée comme « un problème majeur de sécurité ». Les pratiques actuelles ne satisfont en effet pas aux règles essentielles de sécurité sanitaire : la solution qui a cours dans certains établissements, qui consiste à recevoir des « blisters de 28 jours » est notamment dénoncée par l’Académie nationale, qui est cependant consciente que la préparation des doses journalières « est une charge qui dépasse les moyens de nombreux EHPAD trop pauvres en infirmier » ainsi qu’en « personnel pharmaceutique ». Le rapport de l’Académie rappelle que « le déconditionnement à l’avance des spécialités » pose des problèmes de conservation et de traçabilité. Pour faire face à ces difficultés, les sages suggèrent de permettre « l’utilisation d’automates respectant les conditionnements primaires », une solution qui renforcerait encore le « rôle du pharmacien » au sein des EHPAD.

PUI ou officine : le déconditionnement ne peut se passer de la pharmacie

Outre ce recours aux automates, l’Académie nationale de pharmacie formule une série de propositions et de recommandations concernant la dispensation des médicaments dans les établissements accueillant des personnes âgées. Elle rappelle en guise de principe incontournable que « tout acte pharmaceutique est de la responsabilité d’un pharmacien : le pharmacien référent ». Concernant « le déconditionnement », l’Académie insiste pour qu’il soit « réalisé sous la responsabilité et le contrôle effectif d’un pharmacien dans et seulement dans la PUI dont dépend l’établissement si une PUI existe (réseau hospitalier) ou dans une pharmacie de ville (réseau officinal) en respectant des normes spécifiques » ayant à trait à l’aménagement des locaux et à la démarche qualité.

Aurélie Haroche

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