Le traitement de base des myopathies inflammatoires repose sur
l’association de corticoïdes et d’immunosuppresseurs. Le
cyclophosphamide est souvent proposé dans les formes sévères mais
il est associé, comme dans toutes les maladies systémiques, à de
nombreux effets secondaires parfois menaçants.
Ainsi, suivant la même démarche que dans le lupus par exemple,
d’autres immunosuppresseurs sont en évaluation dans le contexte des
myosites. Une série de 11 cas (10 avec dermatomyosite) dont 5
associant une atteinte interstitielle pulmonaire traités par
mycophénolate mofétyl a été rapportée(2). Il s’agit d’une étude
rétrospective ouverte avec un suivi allant jusqu’à 2 ans. Tous les
patients recevaient également une corticothérapie (dose moyenne de
départ 24 mg/j, réduite à 16 mg/ j à 1 an). Une faiblesse
musculaire clinique était franche chez 8 patients dont 7/8 se sont
améliorés à 6 mois et tous à 2 ans.
Tous les malades ont normalisé leur valeur de CPK. Les valeurs
moyennes de DLCO et de capacité vitale forcée mesurées par tests
spirométriques se sont améliorées de 13 % et 12 % à 6 mois et de 14
% et 13 % à 1 an.
Il faut noter 3 épisodes infectieux sévères, des troubles du
sommeil et un carcinome dans les effets secondaires. Les résultats
cliniques sont difficiles à évaluer dans ce travail ouvert et la
tolérance ne semble pas parfaite, toutefois le mycophénolate
pourrait être une alternative possible comme immunosuppresseur
associé aux corticoïdes dans les myopathies inflammatoires.
Pr Yannick Allanore
Campbell R. et coll. : Effectiveness of Mycophenolate Mofetil (MMF) as secondary therapy for Idiopathic Inflammatory Myopathy (IIM) & Interstitial Lung Disease (ILD): case series of 11 patients. 73rd annual meeting of the American College of Rheumatology/44th annual meeting of the Association of Rheumatology Health Professionals (Philadelphie) : 17-21 Octobre 2009.
Copyright © Len medical, Rhumatologie pratique, décembre 2009
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