Près de 10 % des patients subissant une intervention coronaire
percutanée ignorent leur diabète, qui pèse pourtant sur la
mortalité
Des auteurs du Mount Sinai Medical Center (New York) et
de l’Université d’Alabama (Birmingham) ont évalué l’impact de la
glycémie à jeun sur la mortalité après intervention coronaire
percutanée (ICP). L’évaluation a porté sur 12 667 patients ayant
subi une ICP entre juin 1999 et décembre 2006, âgés de 65,6 ± 12,1
ans en moyenne (66 % d’hommes). Dans l’ensemble, la glycémie à jeun
a été classée « normale » (inférieure à 100 mg/dl) chez près de 24
% des patients, « altérée » (entre 100 et 125 mg/dl) chez près de
29 %, tandis que 9 % avaient un diabète méconnu (glycémie à jeun
atteignant ou dépassant 126 mg/dl) et 39 % un diabète
antérieurement diagnostiqué.
Au cours d’un suivi moyen de 3,4 ans (de 8 ans au maximum), 1
128 décès sont survenus. L’analyse montre un taux de mortalité de
24,9 p. 1 000 personnes-années lorsque le diabète était méconnu et
de 35,9 p. 1 000 personnes-années lorsque le diabète était connu,
versus 17,9 p. 1 000 personnes-années lorsque la glycémie à jeun
était normale et 21,3 p. 1 000 personnes-années lorsqu’elle était
altérée.
Les ratios de risque de décès étaient eux aussi accrus chez les
diabétiques méconnus (1,35 ; 1,07-1,73 ; p<0,05) et connus (1,88
; 1,64-2,14 ; p<0,001) en comparaison des patients dont la
glycémie à jeun était normale et après ajustement sur nombre de
facteurs confondants potentiels : âge, sexe, ethnie, tabagisme
ancien et au moment de l’étude, IMC, HTA, HDL-cholestérol bas,
triglycéridémie élevée, prise de statine, antécédent d’infarctus du
myocarde, et fraction d’éjection du VG.
Dr Julie Perrot
Sweeny JM et coll. : Undiagnosed diabetic patients undergoing elective percutaneous coronary interventions have a high rate of mortality. American Heart Association (AHA) scientific sessions 2009 (Orlando) : 14-18 novembre 2009.
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