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Les facteurs de risque de la kératoplastie transfixiante

Publié le 05/02/2010 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

Une analyse des dossiers de 384 patients ayant été pris en charge chirurgicalement, au cours des trois dernières années, par une première kératoplastie transfixiante effectuée avec un bon résultat postopératoire immédiat, a été conduite à Madrid (Espagne). Ils ont été suivis 3,7 ± 1,8 ans. Le taux de succès (taux de survie de l'analyse de Kaplan-Meier ; un échec irréversible de la greffe étant considérée comme un décès) a été de 96,5 % un an après l'intervention, de 91,9 % deux ans après et de 82,1 % à trois ans.

Les principales causes d'échec de la greffe cornéenne ont été le rejet (38,7 %), le glaucome (29 %) ou une dysfonction endothéliale (25,8 %). Selon les résultats de l'analyse de régression multivariée de Cox, les facteurs étant le plus susceptibles d'altérer le pronostic de l'intervention sont pré-opératoires, peropératoires et postopératoires.

Avant la chirurgie : la perforation cornéenne (qui multiplie le risque par 2,7), l'herpés, les traumatismes et la kératopathie bulleuse ont été les étiologies mises en cause. Une vascularisation cornéenne (qui multiplie le risque par 1,6), un glaucome ou des synéchies sont également des facteurs aggravants.
Sur le plan chirurgical, l'aphakie (avec un risque deux fois plus élevé), une chirurgie de la cataracte préalable avec implantation en chambre antérieure et un greffon trop grand ont été les facteurs de risque d'échec les plus fréquents.

Après l'intervention, un rejet peut survenir, mais le risque le plus important est le développement d'une maladie glaucomateuse post-kératoplastie qui multiplie le risque d'échec de la greffe par 2,2. Le kératocône est apparue comme l'étiologie de meilleur pronostic avec 92,88 % de succès à trois ans.

B. Domingo-gordo et coll. suggèrent, par conséquent, de peser soigneusement les facteurs de risque avant de poser l'indication d'une greffe de cornée, notamment en fonction de l'atteinte causale. Ils proposent une surveillance particulièrement attentive en cas de traumatisme, de kératite herpétique ou de perforation oculaire ou d'un rejet antérieur qui doit être diagnostiqué précocement. Le glaucome doit également être au centre des préoccupations du praticien : glaucome antérieur pris en charge ou un glaucome secondaire qui doit être dépisté rapidement. Durant l'intervention, l'attention doit porter sur la taille du greffon, la lyse des synéchies, la qualité des sutures et de la kératectomie, et la surveillance postopératoire sera plus serrée en cas d'aphakie, d'implant de chambre antérieure ou d'ablation d'un implant.



Dr Henri Gracies


Domingo-gordo B et coll. : Survival Analysis and Risk Factors in Penetrating Keratoplasty Failure. 2009 American Academy of Ophthalmology Joint meeting with the Pan-American Association of Ophthalmology (San Francisco) : 23-28 octobre 2009.



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