Où le risque de diabète de type 2 prend la tasse…de café

Les bases xanthiques et les autres ingrédients qui entrent dans la composition du café, du décaféiné ou encore du thé ont des effets pharmacologiques bien connus. Au-delà de ces derniers, ces trois breuvages qui sont massivement consommés à l’échelon mondial, avec des pics  variant d’un pays à l’autre, ont-ils une incidence sur le risque de diabète de type 2 ? La question reste posée, en dépit d’une accumulation d’études cliniques ou épidémiologiques qui, pour la plupart ont conclu plus ou moins prudemment à une relation inverse entre le risque de diabète de type 2 et la consommation de café. Des associations similaires ont, par ailleurs, été mises en évidence entre ce risque et la consommation de décaféiné et de thé. Face à une telle situation, il est de bon ton de procéder à une méta-analyse des données disponibles pour donner plus de force aux relations évoquées. En l’occurrence, cette approche statistique a été appliquée aux études de cohorte prospective publiées entre 1966 et juillet 2009 à partir des bases de données de la littérature internationale.

Cette recherche a permis d’accéder à 18 études répondant aux critères de sélection et réunissant au total 457 922 participants, pour ce qui est de la consommation de café. Six études (n=225 516) ont porté sur la consommation de décaféiné et sept autres (n= 286 701) sur celle de thé. Le traitement des données a mis en évidence une relation log-linéaire inverse entre la consommation de café et le risque subséquent de diabète de type 2.

D’un point de vue quantitatif, chaque tasse de café supplémentaire consommée journellement a été associée à un risque relatif ajusté de diabète de 0,93 (IC 95 %, 0,91-0,95), soit en d’autres termes, une réduction de 7 % par tasse. Des relations similaires ont été établies avec le décaféiné et le thé, tout ceci après ajustement en fonction des facteurs de confusion potentiels. 

Ces résultats doivent être pris avec des pincettes, du simple fait de la présence d’études portant sur des effectifs faibles, laquelle peut introduire un biais tout à fait significatif. De ce fait, l’amplitude réelle des associations en question pourrait être quelque peu surestimée. Force est de reconnaître que les effets protecteurs du café, du décaféiné et du thé vis-à-vis du risque de diabète de type 2, même consommés à hautes doses, ne sont pas parfaitement établis. Comme toujours, la lumière ne peut provenir que d’essais randomisés bien difficiles à mettre en œuvre dans un tel contexte.

Dr Philippe Tellier

Référence
Huxley R et coll. Coffee, Decaffeinated Coffee, and Tea Consumption in Relation to Incident Type 2 Diabetes Mellitus. A Systematic Review With Meta-analysis. Arch Intern Med 2009 ; 169 :2053-2063.

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