L’endométriose, un facteur de risque pour d’autres maladies ?

Les anomalies de la réponse immunitaire ainsi que les phénomènes inflammatoires constatés chez les femmes présentant une endométriose, pourraient représenter un facteur de risque d’infections et de cancer. Déjà il a été rapporté une prévalence plus élevée de maladies auto-immunes, de symptômes douloureux et d’asthénie chronique parmi les femmes présentant une endométriose confirmée.

L’objectif de cette étude était donc d’évaluer la prévalence des comorbidités au cours de l’endométriose : elle a concerné 4 331 femmes, toutes atteintes d’endométriose confirmée par la chirurgie et membres de l’Association de l’Endométriose. L’âge moyen était de 36,2 ans (14-74 ans).

Ces patientes avaient une probabilité élevée d’être de race blanche (p<0,0001), d’êtres jeunes (p<0,0001), d’avoir eu une éducation allant au moins jusqu’au niveau collège (p<0,0001) et d’avoir un statut socio-économique élevé (p<0,0001).

Parmi les affections considérées (infections, maladies endocriniennes, cancers), 66 % (2 859) des femmes ont rapporté souffrir d’au moins l’une d’entre elles (une seule dans 80 % des cas, deux dans 19 % et trois dans 1 % des cas). Les infections respiratoires hautes aigües et récurrentes et les infections vaginales récurrentes étaient respectivement sept et trois fois plus fréquentes que dans la population générale (p<=0,0001). Un mélanome a été signalé par 0,7 % des participantes, le cancer du sein par 0,4 % et le cancer de l’ovaire par 0,2 %. Le cancer de l’ovaire et le mélanome étaient plus fréquents que dans la population générale mais le cancer du sein était moins fréquent. Les femmes de cette étude étaient significativement plus jeunes par rapport à la population générale au moment du diagnostic du cancer du sein (âge moyen 40,9 ans vs. 62, p<0,0001), du mélanome (32,2 ans vs. 54 ans, P<0,0001), du cancer de l’ovaire (39,4 ans vs. 64 ans, p= 0,0005) et du lymphome non-hodgkinien (36 ans vs. 70 ans, p=0,04).

La maladie d’Addison et le syndrome de Cushing étaient rares (0,2 % et 0,1 % respectivement).  Le prolapsus de la valve mitrale était très fréquent, rapporté par 15 % des participantes, soit deux fois plus que dans la population générale. Par contre, les anomalies congénitales à la naissance n’étaient pas fréquentes.

En conclusion, cette étude décrit la prévalence de certaines maladies suspectées d’êtres plus prévalantes en cas d’endométriose. Les résultats montrent une prévalence plus élevée des infections respiratoires hautes aigües et récurrentes, des infections vaginales récurrentes, de mélanome et de cancer de l’ovaire. Ces résultats suggèrent d’autres associations potentielles avec le système immunitaire qui devraient êtres prises en compte dans les recherches ultérieures.

Dr Viola Polena

Référence
Gemmill JA et coll. Cancers, infections, and endocrine diseases in women with endometriosis. Fertil Steril. 2009 Publication avancée en ligne le 26 novembre

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