Prédiction du risque cardiovasculaire par l’analyse de la fréquence cardiaque après l’épreuve d’effort

On considère que l’évolution de la fréquence cardiaque (FC) au cours de la récupération d’une épreuve d’effort (EE) est au moins en partie liée à la réactivation du tonus vagal. Une anomalie de cette récupération (RFC) est un facteur prédictif indépendant du risque de survenue d’un événement cardiovasculaire. Les auteurs de la présente étude ont voulu aller plus loin en recherchant chez 164 patients (62 % d’hommes, âge moyen 53,7 ans) un éventuel lien entre la RFC et la FC maximale atteinte lors d’une EE.

Les patients ont été assis immédiatement après la fin de l’EE et leur FC a été notée une et deux minutes après l’arrêt. Les profils de RFC des patients qui avaient atteint au moins 85 % de la FC maximale théorique (groupe A) ont été comparés aux autres (groupe B).

Il y avait 112 patients dans le groupe A et 52 dans le groupe B. La RFC a été plus volontiers normale dans le groupe A (p=0,029). En analyse de variance, les patients de ce groupe avaient une FC supérieure à ceux du groupe B à la première minute, mais pas à la seconde.

Il existe donc une relation entre la FC maximale obtenue au cours d’une épreuve d’effort et la récupération de la FC. Une moindre FC max étant plus souvent associée à une mauvaise récupération. Ce travail préliminaire invite donc à une analyse plus en profondeur des relations entre ces différents paramètres, somme toute, très faciles à mesurer.

Dr Benoît Tyl

Référence
Zaim S et coll. Influence of the Maximum Heart Rate Attained during Exercise Testing on Subsequent Heart Rate Recovery. Electrocardiol 2010;15(1):43–48

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Vos réactions (2)

  • Une différence Fc max/FcR faible

    Le 10 février 2010

    Bref une fréquence maximum médiocre < ou = 85% de la FMT donne fréquemment une Fc de récupération longue et peu ralentie et un frein vagal faible. Ce qui globalement donne une différence Fc max/FcR faible... Pour avoir réalisé plus de deux mille épreuves d'effort, c'est un constat fréquent, cela prédit il une exposition aux événements CV ?
    Possiblement.

    Roger Turbide Cardiologue/Médecin du Sport/ C.C.S.

  • "Récupération cardiaque" et aptitude aux travaux lourds

    Le 17 février 2010

    Les "dinosaures" de la Médecine du Travail, des années 50-60, et au-delà, pour ceux ayant officié dans une certaine Industrie, disparue, depuis, en France, se souviendront de l'épreuve d'effort, reine, qui consistait à sélectionner les sujets aptes aux travaux pénibles et aux efforts violents, à partir de la "récupération cardiaque". Ceux qui avaient les moyens pratiquaient le test de l'escalier ; les autres se contentaient d'une minute de génuflexions, à cadence commandée. La fréquence cardiaque était mesurée, au repos, avant le test, et au cours des trois minutes le suivant. La non récupération de la F C initiale, à la troisième minute, associée à quelques autres indices, tout aussi empiriques, était un critère d'inaptitude aux "travaux lourds"
    Le lien entre la "récupération cardiaque" et le risque cardiovasculaire, au travail, n'était pas, alors, évoqué. Existait-il une présomption non avouée ? Une étude historique le dirait-elle ?

    Dr Christophe Pternitis

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