La vaccination anti-pneumococcique par le vaccin conjugué
heptavalent (PCV7) est recommandée en France depuis 2006 chez tous
les enfants de moins de 2 ans. Le pneumocoque est responsable de la
moitié des méningites bactériennes de l’enfant de moins de 2 ans,
et il paraît intéressant d’avoir d’ores et déjà un premier aperçu
de l’impact de la vaccination sur la survenue des méningites à
pneumocoque.
Une équipe rouennaise a réalisé une étude rétrospective sur 6
centres hospitaliers haut-normands, totalisant 45 cas
bactériologiquement confirmés de méningites à pneumocoque survenus
entre mai 2000 et mai 2009. Parallèlement la couverture vaccinale
de la population était estimée sur un échantillon aléatoire de 65
enfants.
Les auteurs remarquent que l’introduction du vaccin n’a pas
entraîné de diminution du nombre de cas de méningites à pneumocoque
dans la région. Sur les 45 cas observés, 69 % concernent des
enfants de moins de 2 ans, et le pic d’incidence se situe dans la
tranche d’âge de 3 à 5 mois (25 %).
Près de 3 enfants sur 4 (74 %) avaient reçu au moins une
injection du PCV7. Parmi les enfants correctement vaccinés pour
leur âge (57 % après 2006), il n’y a eu aucun cas d’infection par
une souche de sérotype vaccinal. Un seul cas de méningite à
pneumocoque de sérotype vaccinal 6B est retrouvé, mais chez un
enfant n’ayant pas reçu la vaccination complète.
Cette stabilité du nombre de cas peut paraître surprenante,
d’autant que l’étude est réalisée dans un contexte de couverture
vaccinale régionale satisfaisante, puisque 88 % des enfants nés
après 2006 ont reçu leurs 3 doses de vaccin PCV7 dans leur première
année. Mais depuis 2006, on constate l’émergence de sérotypes non
vaccinaux. Les auteurs parlent plutôt de diversification des
sérotypes, aucune souche ne paraissant prépondérante.
Par ailleurs est observée, au cours de la même période, une
diminution notable du nombre de méningites liées à des souches de
sensibilité diminuée à la pénicilline.
Ces données apportent un éclairage intéressant sur les résultats
concrets de la vaccination, au moment où l’on voit poindre à
l’horizon le vaccin anti-pneumococcique à 13 valences.
Dr Roseline Péluchon
Caseris M et coll.: Méningites à pneumocoque chez l’enfant en Haute-Normandie entre 2000 et 2009 : étude de l’influence de la vaccination par le vaccin conjugué heptavalent.
29e Réunion interdisciplinaire de chimiothérapie anti-infectieuse/RICAI (Paris) : 3-4 décembre 2009.
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