Administration de l’insuline en circuit fermé : le Graal est-il proche ?

Depuis la découverte de l’insuline, les chercheurs et les médecins n’ont eu de cesse de mettre au point un système permettant l’administration de l’insuline en circuit fermé, ou « pancréas artificiel »,  – telle la quête du Graal. En effet, l’insulinothérapie sous-cutanée et l’autosurveillance glycémique pluriquotidiennes représentent les principales contraintes du diabétique, impactant sa qualité de vie.  Depuis le DCCT (Diabetes Control and Complications Trial), on sait que l’obtention d’une glycémie proche de la normale permet de prévenir les complications chroniques du diabète, à l’aide d’une insulinothérapie intensive, mais ce au prix d’une augmentation de la fréquence des hypoglycémies.

Trois études de phase 2 randomisées, en crossover, ont été menées chez 19 patients diabétiques de type 1 âgés de 5 à 18 ans. L’administration d’insuline par voie sous-cutanée continue (pompe standard) était comparée à un système
d’administration en circuit fermé de l’insuline dans une première étude (n=13) ; dans une deuxième étude (n=7), le système en circuit fermé était étudié après un repas d’absorption lente ou rapide ; la troisième étude (n=10) comparait la pompe standard et le circuit fermé après un exercice physique. Dans le circuit fermé manuel utilisé ici, les informations en continu sur la glycémie étaient fournies par un capteur sous-cutané de glucose et étaient utilisées pour moduler manuellement l’administration d’insuline par une pompe portable selon un algorithme de contrôle basé sur un modèle prédictif (c’est-à-dire basé sur la prédiction des glycémies selon l’insuline administrée). Les résultats ont montré la même efficacité sur le contrôle glycémique nocturne entre la pompe standard et l’utilisation du système en circuit fermé manuel, tandis que la fréquence des hypoglycémies était moindre avec le circuit fermé.

L’administration d’insuline en circuit fermé peut donc permettre d’obtenir un contrôle glycémique nocturne correct et sûr, chez des enfants et adolescents diabétiques de type 1, en diminuant le risque d’hypoglycémie. Par ailleurs, l’algorithme de calcul de la dose d’insuline basé sur un modèle prédictif individualisé pourrait permettre une meilleure flexibilité après un repas de composition variable ou après une activité physique, par rapport à d’autres algorithmes utilisés ailleurs (modèles proportionnel-dérivé ou proportionnel-intégral-dérivé), et après une période préliminaire d’acquisition des données personnelles du patient.

Dr Stéphanie Girard

Références
Renard E. Closed-loop insulin delivery: is the holy grail near? Editorial, Lancet 2010, publication avancée en ligne le 5 février.
Hovorka R et coll. : Manual closed-loop insulin delivery in children and adolescents with type 1 diabetes: a phase 2 randomised crossover trial. Lancet 2010, publication avancée en ligne le 5 février.

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