Quand on parle du cancer plus qu’à demi mot

Paris, le jeudi 11 février 2010 – Ce sont des mots que l’on ne s’attend pas à rencontrer dans un ouvrage qui se présente comme un « alphabet des mots du cancer ». Dans ce tome III, publié en décembre 2009 par les laboratoires Merck Serono, le premier terme que l’on découvre est en effet celui de « Maison ». Définie comme le « lieu où on se peut retirer, et remettre à couvert […] sa personne des injures du temps », cette maison trouve plus loin des échos avec l’encore plus surprenant mot « fête ». En découvrant à la page 28 comment Voltaire déclarait dans une lettre de mars 1763 à mademoiselle de Clairon qu’il avait l’intention de porter un « habit de fête » pour « célébrer » sa convalescence, on mesure mieux combien ce mot a toute sa place dans un « alphabet » dédié au cancer. Surtout cette « fête » répond parfaitement à l’esprit de cet ouvrage présenté par Merck Serono, à l’instar des deux premiers tomes publiés en septembre 2009, comme un outil pour « accompagner les patients atteints de cancer » et rappeler « la dimension humaine de la maladie ».

« Je suis contente d’avoir un cancer »

La grande qualité de cet ouvrage ne tient pas seulement au choix très particulier des mots, mais aussi à sa composition. En effet, à côté de la voix du lexicologue Jean Pruvost qui distille dans l’ouvrage de très précieuses références, étymologiques, historiques et culturelles, on découvre le témoigne de patients recueillis à l’occasion d’ateliers d’écriture organisés au sein de la Maison des Patients du centre René Huguenin (Saint Cloud). Les récits des adultes sont par ailleurs illustrés par des dessins d’enfants malades collectés par l’association « Un hôpital pour les enfants » (Poitiers). Nuls autres que certains mots retenus pour ce tome III se prêtaient mieux à l’exercice des « ateliers d’écriture ». Les témoignages les plus étonnants concernent en effet les termes « Moi » et « Personnalisation ». Ainsi, le lecteur demeurera interdit face à la confession d’Emilie : « Dommage qu’il m’ait fallu cette maladie pour accéder au Je. Je suis contente d’avoir un cancer, car mon histoire commence. Enfin, je vais faire quelque chose pour moi ».

« Confiance »

Le mot « personnalisation » révèle également combien cet ouvrage est aussi destiné à être un lien entre les patients et les « soignants ». Ce terme figure d’ailleurs parmi les quatorze mots de ce tome III et le mot « Confiance » qui clôt l’ouvrage semble lui faire écho. Certains « soignants » seront ainsi sans doute très touchés d’apprendre que l’exemple « avoir confiance dans les médecins » est l’un des premiers à figurer dans le Petit Robert pour définir ce mot. Cette « confiance » semble d’ailleurs un élément essentiel pour supporter le chemin de souffrance qui attend les malades. Ces douleurs sont symbolisées par les mots de « fatigue » ou encore de « nausées ». D’autres termes enfin révèlent la dimension pédagogique de cet alphabet : les patients pourront en effet y découvrir les définitions de « cathéter », « stratégie thérapeutique » ou encore de « marqueur ».

Aurélie Haroche

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