Cinq jours pour une contraception d’urgence

L’efficacité de la contraception d’urgence dépend essentiellement de la rapidité de son utilisation après un rapport sexuel et avant l’ovulation. Une étude a comparé l’efficacité de l’acétate d’ulipristal versus lévonorgestrel pris dans les 5 jours suivant un rapport non protégé. Le lévonorgestrel est le contraceptif d’urgence le plus couramment utilisé actuellement et doit être pris dans les 3 jours suivant un rapport pour une efficacité d’environ 50 % d’inhibition de l’ovulation. L’acétate d’ulipristal est un modulateur sélectif du récepteur de la progestérone, qu’on espère plus efficace que le lévonorgestrel et ce indépendamment de la période du cycle lors du rapport.

Dans cette étude, 2 221 femmes ayant des cycles réguliers ont été randomisées en aveugle (avec stratification selon l’heure du rapport non protégé) pour recevoir une dose orale soit de 30 mg d’acétate d’ulipristal (n=1 104), soit de 1,5 mg de lévonorgestrel (n=1 117). Le suivi était poursuivi jusqu’à une semaine après la date attendue du cycle menstruel suivant. Sur 1 696 femmes évaluables, 15 grossesses ont été constatées dans le groupe acétate d’ulipristal (1,8 %, intervalle de confiance à 95 %, 1–3) et 22 dans le groupe lévonorgestrel (2,6 %, 1,7–3,9 ; odd ratio 0,68, intervalle de confiance à 95 %, 0,35–1,31). Chez les 203 femmes qui avaient reçu le contraceptif entre 3 et 5 jours après le rapport, 3 grossesses ont été constatées dans le groupe lévonorgestrel. L’effet secondaire le plus fréquent était des maux de tête, dans les deux groupes (18,9 % sous acétate d’ulipristal et 19,3 % sous lévonorgestrel).

Dans la méta-analyse regroupant cette étude et une étude antérieure, 22 grossesses ont été notées parmi les 1 617 femmes du groupe traité par acétate d’ulipristal (1,4 %) et 35 parmi les 1 625 femmes du groupe lévonorgestrel (2,2 %). Lorsque l’acétate d’ulipristal a été pris dans les 24 heures suivant le rapport, le taux de grossesse a été diminué de 2/3 par rapport à la prise de lévonorgestrel (OR 0,35 ; 0,11–0,93).

Ainsi, l’acétate d’ulipristal offre une alternative intéressante dans la contraception d’urgence permettant une utilisation jusqu’à 5 jours après un rapport non protégé.

Dr Stéphanie Girard

Référence
Glasier AF et coll. Ulipristal acetate versus levonorgestrel for emergency contraception: a randomised non-inferiority trial and meta-analysis. Lancet, 2010, publication avancée en ligne le 29 janvier.

Copyright © http://www.jim.fr

Réagir

Vos réactions (1)

  • Stérilet ?

    Le 11 février 2010

    La mise en place d'un stérilet dans ces circonstance ne peut-il être une alternative ?

    JF Thébaut Cardiologue curieux ...

Réagir à cet article