Le niveau d’irradiation diagnostique pour les nouveau-nés de très petit poids n’est pas dangereux

Avec l’abaissement du poids des nouveau-nés (NN) pris en charge dans les unités de soins intensifs se repose la question de l’irradiation due aux examens de radiologie effectués dans ces unités. Les études qui ont estimé la « dose efficace E », l’indicateur du risque biologique des rayons X, comprennent en général peu de NN de très petit poids.

K Puch-Kapst et coll. ont évalué rétrospectivement la dose E absorbée par une cohorte de NN de moins de 1500 g radiographiés en incubateur avec un tube mobile filtré et un système film-écran classique.

Pour cela il leur a fallu déterminer le produit de la dose à l’entrée du patient par la surface du champ (le PDS) de chaque cliché, puis introduire le PDS dans une modélisation informatique. La dose à l’entrée du patient a été mesurée pour les différents réglages du tube en fonction du poids, avec un dosimètre placé à hauteur de la peau dans un incubateur vide, et les dimensions du champ ont été mesurées sur tous les clichés.

En tout 194 enfants de 400 à 1500 g ont subi 1 504 radiographies, presque toutes thoraciques et/ou abdominales (96 %). La médiane était de quatre radiographies par sujet (extrêmes : 1, 64). Parallèlement 18 enfants de très petit poids n’ont eu aucune radiographie.

Toutes les doses à l’entrée du patient étaient ≤15 microGrays par radiographie, c’est-à-dire très inférieures à la valeur maximum (80 microGrays) et à la valeur cible (30 microGrays) recommandées par la commission de la Communauté Européenne.

La dose E s’élevait à 16 microSievert pour un cliché et à 71,5 microSievert pour un séjour (valeurs médianes). La dose cumulée médiane correspond à 12 jours de l’irradiation naturelle annuelle. Même l’enfant qui avait subi le plus grand nombre de radiographies n’avait pas atteint le niveau de l’irradiation naturelle annuelle (1 424 versus 2 100 microSieverts).

Les enfants qui pesaient ≤ 750 g, séjournaient ≥16 jours, étaient porteurs de malformations ou restaient oxygéno-dépendants au-delà de 36 semaines avaient plus de chances d’être plus souvent radiographiés et plus fortement irradiés.

Les auteurs estiment que seulement un nouveau-né sur 60 000 traités dans une unité de soins intensifs développera un cancer létal avant l’âge de 15 ans.

Ces résultats sur l’irradiation à visée diagnostique des NN de très petit poids sont somme toute rassurants. Cependant, ils ne concernent que les radiographies simples et ils ont été obtenus dans des conditions optimales : filtration du faisceau avec 1 mm d’aluminium et 2 mm de cuivre, distance tube-enfant de 1 mètre, champs restreints.

Ils ne peuvent qu’encourager à poursuivre les efforts destinés à améliorer la radioprotection des NN hospitalisés en unité de soins intensifs.

Dr Jean-Marc Retbi

Référence
Puch-Kapst K et coll. : Radiation exposure in 212 very low and extremely low birth weight infants. Pediatrics 2009 ; 124 : 1556-1564

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