Cinq ans après : que reste-t-il de la loi sur le handicap ?

Paris, le vendredi 12 février 2010 – Le 11 février 2005 était adoptée la loi sur l’égalité des chances des personnes en situation de handicap. Bien que l’objet ces dernières semaines de nombreuses critiques de la part de plusieurs associations, le gouvernement n’a pas omis de fêter le quinquennat de cette législation. Plusieurs actions ont ainsi été annoncées. Un plan dédié à l’amélioration de l’intégration des sourds, doté de 52 millions d’euros, a notamment été présenté mercredi 10 février. Il prévoit entre autres de mettre en place un dépistage systématique de la surdité entre l’âge de 16 de 25 ans et prône le développement des programmes télévisés sous titrés et traduits en langage des signes.

Par ailleurs, le ministre de l’Ecologie, Jean-Louis Borloo et le secrétaire d’Etat aux technologies vertes Valérie Létard ont présenté un bilan concernant « la mise en accessibilité des territoires ». Ils ont notamment souligné que 2 000 commissions d’accessibilité avaient été installées, avec une accélération en 2009 et que 640 plans de mise en accessibilité de la voirie et des espaces publics avaient été adoptés au 31 décembre 2009. Enfin, quelques jours auparavant, le Premier ministre, François Fillon avait tenu à rappeler qu’aucun « des principes fondateurs » de la loi du 11 février 2005 ne serait remis en cause. Pour confirmer « l’importance » accordée par le gouvernement à cette question de l’amélioration de l’intégration des personnes handicapées, il a en outre annoncé la création d’un comité interministériel du handicap. Enfin, il a demandé publiquement au secrétaire d’Etat à la Famille, Nadine Morano, de s’intéresser à un dispositif mis en place depuis 30 ans au Royaume Uni qui consiste à offrir à la location longue durée à coût réduit « plus de 500 000 voitures adaptées et fauteuils électriques ». Le succès de ce système « est réel et son modèle économique a fait ses preuves » a assuré François Fillon, qui souhaite voir se développer le même type de système en France.

Les théâtres et les stades sont accessibles… encore faudrait-il pouvoir s’y rendre !

En dépit de ces nombreux signaux, pour les associations défendant les personnes handicapées, l’anniversaire est plus qu’amer. La Fédération nationale des accidentés de la vie et du travail (FNATH) tire un bilan sans appel cinq ans après l’adoption de la loi : « Les maisons départementales des personnes handicapées fonctionnent de manière hétérogène, le taux de chômage des travailleurs handicapés reste le double de celui de la population, le montant de l'allocation aux adultes handicapés stagne en-dessous du seuil de pauvreté, la mise en accessibilité (des lieux) ne connaît aucune accélération », réprouve-t-elle. Sur ce dernier point, le baromètre de l’Association des paralysés de France dédié à l’accessibilité publié hier par le magazine l’Express semble lui donner raison. Il apparaît en effet que 75 % des 2 000 commissions d’accessibilité dont l’existence réjouit le gouvernement n’ont tenu aucune réunion depuis 2008 et que 73 % des villes n’ont jamais réalisé le « rapport annuel d’état des lieux sur l’accessibilité au sein du cadre de vie ». Que dire encore du fait que dans 60 % des cités françaises, aucune ligne de bus ne soit accessible aux personnes à mobilité réduire ? Quelques chiffres consolent cependant : « 86 % des théâtres municipaux et 85 % des stades sont jugés comme accessibles ».

Aurélie Haroche

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