Cystite : patience et longueur de temps…

Une femme sur deux présentera au cours de sa vie une infection urinaire non compliquée, mais toutes ne seront pas prises en charge de la même façon, loin de là. Il est vrai que tous les symptômes de cystite ne correspondent pas réellement à des infections urinaires, puisqu’il semble que des germes ne soient présents que dans 60 % des cas.

Actuellement la réalisation de tests par les bandelettes réactives est largement préconisée, pour tenter de limiter le traitement antibiotique aux seules patientes ayant réellement une infection urinaire. Mais cette pratique n’est toutefois que l’une des cinq attitudes considérées comme  les plus courantes.

La relative uniformité des germes présents dans les cystites (entérobactéries ) autorise en effet sans trop de risque l’antibiothérapie probabiliste immédiate. Ou une attitude proche de cette dernière, la prescription d’antibiotiques conditionnée à la présence d’au moins deux signes cliniques de cystite.

D’autres préfèrent obtenir une confirmation du diagnostic par un examen cyto-bactériologique des urines en laboratoire, conditionnant la prescription au résultat de l’antibiogramme. Enfin il est possible aussi de préconiser un traitement symptomatique avec des conseils d’hygiène, repoussant l’administration d’antibiotiques et la réservant  aux seuls cas restant symptomatiques après un délai de 48 heures.

Ces cinq types de prises en charge ont été comparés dans une étude randomisée et contrôlée incluant 309 patientes de 18 à 70 ans. Elles présentaient une infection urinaire non compliquée en dehors de toute grossesse, et ont été réparties en cinq groupes en fonction du type de prise en charge. Les patientes ont reçu une explication claire et détaillée du traitement qui allait leur être proposé. Et pouvaient consulter à nouveau en cas de persistance des symptômes.

La durée des symptômes, évaluée en moyenne à 3,5 jours, a été sensiblement la même quel que soit le traitement mais, pour une raison mal expliquée, ces symptômes ont été moins bien tolérés chez les patientes en attente du résultat de l’ECBU. Si les cinq modalités de prise en charge ne modifient pas l’évolution clinique, les auteurs notent par contre que deux attitudes semblent diminuer la prescription d’antibiotiques. Il s’agit de la stratégie conditionnant l’antibiothérapie à la confirmation de l’infection par la bandelette urinaire, qui  conduit à une antibiothérapie dans 80 % des cas, et l’attitude attentiste qui n’aboutit à une antibiothérapie que dans 77% des cas, alors que la réalisation d’un ECBU est assortie d’une antibiothérapie dans 81 % des cas.

Les auteurs estiment que l’ECBU n’est pas utile en pratique courante. Peu efficace sur la réduction des prescriptions d’antibiotiques, il paraît surtout associé dans cette étude à une moins bonne tolérance des signes cliniques. Ils suggèrent par contre qu’une éducation des patientes devrait faciliter l’attitude attentiste, limitant l’usage des antibiotiques aux seules formes symptomatiques plus de 48 heures.

Dr Roseline Péluchon

Référence
Littel P et coll. : Effectiveness of five different approaches in management of urinary tract infection: randomized controlled trial. BMJ 2010;340:c199

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