Raffut autour de l’affaire Saout : l’Ordre tente de calmer le play (mobil)

Paris, le mercredi 17 février 2010 – Les magistrats de la rue Cambon n’imaginaient sans doute pas que leur rapport concernant la télétransmission des feuilles de soins susciterait de telles réactions. Pourtant, en invitant les pouvoirs publics à prendre rapidement des mesures contre les praticiens encore réticents à utiliser le système Sésame Vitale, la Cour des Comptes a ravivé un débat qui n’était semble-t-il pas totalement éteint. Le coup le plus vif fut cependant lancé de façon inattendue par le président du Collectif inter associatif de patients (CISS), Christian Saout, qui s’interrogea perfidement sur l’utilisation par les médecins de l’aide à la télétransmission. « Je ne sais pas ce qu’ils en ont fait, manifestement autre chose : acheter des sacs à main à leur épouse ou des playmobils à leurs enfants » lâcha-t-il tout à trac mercredi dernier au micro de France Info.

La CNAMTS au-dessus de tout soupçon ?

Immédiat, le tollé des syndicats de médecins libéraux fut général, atteignant une unanimité parfaite que certains souhaiteraient aussi belle sur d’autres sujets. Le Syndicat des médecins libéraux (SML) monta ainsi très vite au créneau pour rappeler : « Faut-il préciser que les aides à l’informatisation ne couvrent même pas le prix de l’équipement nécessaire, sans parler des difficultés techniques de l’utilisation au quotidien ». De son côté, la Confédération des syndicats médicaux français (CSMF) eut tôt de fait de dénoncer « l’insulte » du magistrat et d’annoncer son intention de porter plainte contre lui. Ailleurs, le docteur Christian Lehmann choisit de démasquer les conflits d’intérêt du CISS. Si prompt à dénoncer les pratiques des médecins, Christian Saout serait plus silencieux sur les avaries du système Sésame Vitale, peut-être, juge Christian Lehmann parce que le CISS tire 12 % de ses fonds de la CNAMTS et 70 % de la Direction générale de la Santé.

Legmann répond quand on attaque sa commission

Bientôt, une victime collatérale de la crise se fit jour : la commission sur la « refondation de la médecine libérale », souhaitée par Nicolas Sarkozy et dirigée par le président du Conseil de l’Ordre. Lundi, en effet, la CSMF faisait par de son intention de boycotter le groupe si le président du CISS, qui y siège également, ne démissionnait pas. Face à cette menace, le président de l’Ordre, le docteur Michel Legmann, dont les syndicats avaient regretté le silence, a choisi finalement de dénoncer dans un communiqué les propos de Christian Saout. Le texte rappelle cependant que ce dernier, après avoir persisté dans ces critiques sur le site de son organisation, a finalement fait amende honorable. Interrogé par Impact Médecin il a en effet estimé avoir « considéré hâtivement que tous les médecins avaient perçu la prime donnée en 1996 », avant d’ajouter : « Je n’ai pas souhaité titiller les médecins. J’ai tenté de faire comprendre que les patients en avaient assez d’être les variables d’ajustement du système de santé. Si on me demande de quitter la mission Legmann, alors je la quitterai. Mais après, il n’y aura personne du collectif ».

Aurélie Haroche

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